La chronique de l'actualité

Le Crédit mutuel se dirige tout droit vers une scission

le 21/01/2016

Philippe Mudry

Les scissions bancaires sont rarissimes en France. C’est pourtant vers un divorce qu’on paraît se diriger au Crédit Mutuel.

Et comme tous les divorces, il s’annonce acrimonieux.

La guerre interne qui oppose une majorité de fédérations groupées autour de celle de l’Est à trois rebelles emmenés par la fédération bretonne – connue sous l’appellation Crédit Mutuel Arkea - a déjà fait une victime de poids : Michel Lucas, le tout puissant patron du groupe mutualiste.

A 76 ans, l’homme qui a fait de cette banque la 5ème française va passer la main et  abandonner ses principaux mandats.

Dans le Landerneau bancaire, l’affaire fait un bruit du diable.

D’abord parce qu’elle souligne les carences criantes de la gouvernance à la sauce mutualiste mais aussi parce qu’elle embarrasse les régulateurs, furieux contre la rébellion bretonne mais impuissants à la réduire.

Elles n’ont pu empêcher les contestataires de bloquer en Justice une transformation des statuts voulue par la majorité pour se conformer au nouveau système de supervision sous l’égide de la BCE.

Les premiers considèrent que ce changement n’avait d’autre but que de les mettre au pas, au mépris de leur autonomie et de la tradition associative du groupe.

Les majoritaires démentent cette interprétation mais ont dû baisser pavillon.

La réforme est suspendue et un changement de gouvernance du groupe se profile donc et avec lui, la fin d’un chapitre capital de son histoire.

Tout montre que les contestataires ne s’en tiendront pas là. Car Arkea revendique une supervision bancaire dissociée, soit son indépendance de facto.

Dans ce cas, son usage de la marque Crédit Mutuel sera en question. Ses adversaires ne lui feront aucun cadeau sur ce terrain.

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