La chronique de l'actualité

L’Etat veut enrayer la décollecte sur le Livret A

le 14/01/2016

Philippe Mudry

Les formules sont une chose, les réalités politiques une autre.

Bercy, la Banque de France et la Caisse des dépôts se sont entendus pour maintenir le taux du Livret A à 0,75% au 1er février, malgré une inflation qui aurait justifié de le réduire à 0,5%.

Les chiffres officiels d’inflation pour 2015 appliqués à la formule qui donne le taux théorique du Livret pointaient vers un demi-pourcent.

Or le gouverneur de la Banque de France, à qui revient de faire sa recommandation, tout comme le patron de la Caisse des dépôts, qui gère les encours du Livret, ont plaidé pour son maintien à ¾ de point.

Ce que Bercy a entériné. Tous estiment que la légère remontée de l’inflation prévue en 2016 justifie cette décision.

La recommandation du gouverneur n’aurait sans doute pas enchanté le banquier qu’il était naguère chez BNP Paribas.

Car le taux de rémunération coûte cher aux banques pour une épargne à vue alors que celui auquel la BCE rémunère leurs propres dépôts sont désormais négatifs!

Mais les banques apprécieront sans doute une autre préconisation du gouverneur, d’abaisser la généreuse rémunération du plan d’épargne logement de 2% à 1,5% au plus.

A Bercy et à la Caisse des dépôts, c’est la décollecte sur le Livret qui préoccupe.

Elle devrait dépasser 20 milliards en deux ans et pourrait affecter le financement du logement social.

Reste un fait, surprenant : par le passé, la rémunération du Livret, inflation déduite, a souvent été négative, parfois lourdement comme entre 1981 et 1983.

Or aujourd’hui, cette rémunération reste positive, de ¾ de point.

Mais la faire tendre vers zéro est aujourd’hui tabou.

Comme quoi, dans l’esprit du public, les taux nominaux pèsent toujours plus lourds que les taux réels!

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