La chronique de l'actualité

La Caisse des dépôts priée de changer de braquet dans le logement

le 13/01/2016

Philippe Mudry

On n’a pas tous les jours deux cents ans : pour François Hollande, c’est le bel âge pour retrouver un nouveau souffle.

D’autant que cet anniversaire, célébré hier, tombe à peine plus d’un an avant la présidentielle.

C’est sur son cœur de métier, le logement, que le chef de l’Etat attend la Caisse.

Elle devra débloquer d'ici 2017 un milliard et demi d’euros supplémentaires pour le logement social et la même somme pour la rénovation énergétique des bâtiments publics.

De plus, 75.000 logements nouveaux en cinq ans pourraient être construits par la mobilisation des terrains publics par une foncière capitalisée à hauteur de 750 millions.

Soit une enveloppe de plusieurs milliards d’euros dont trois seront prélevés sur les fonds d’épargne gérés par la Caisse.

Mais pour faire face à ses missions, celle-ci devra générer en outre trois autres milliards dans les trois ans au travers de cessions d’actifs.

L’Etat y contribuera, d’abord en acceptant de réduire enfin ses prélèvements sur les résultats de la Caisse, qui passeront de 75% à 50% maximum.

Ce n’est pas rien puisqu’elle a versé 1,8 milliard au budget l’an dernier.

En outre, une exonération au moins partielle de la fiscalité pourrait survenir sur ses plus-values de cession, lorsqu’elle vendra plus de 5% d’une filiale ou d’une entreprise.

Reste à savoir lesquelles. Entre celles qui sont intouchables, comme la CNP ou La Poste, et celles dont la valeur est médiocre, les actifs de qualité ne sont pas nombreux.

On pense aux titres Veolia, Icade voire le moment venu Transdev.

Dommage que la privatisation de la Banque Postale ne soit pas d’actualité comme elle l’est au Japon ou en Italie.

Le problème financier de la Caisse serait résolu d’un coup !

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