António Horta-Osório devra faire table rase du passé chez Credit Suisse

le 01/12/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 14H

António Horta-Osório devra faire table rase du passé chez Credit Suisse
Antonio Horta-Osorio
(Bloomberg)

Credit Suisse a annoncé avoir proposé le nom d’António Horta-Osório pour prendre la présidence du groupe. S’il est élu lors de la prochaine assemblée générale, il succèdera en avril prochain à Urs Rohner, en poste depuis 2011 et dont le mandat arrive à expiration. 

Cette nomination met fin à plusieurs mois de rumeurs sur la personnalité du nouveau président. Si contrairement à ce qu’évoquaient plusieurs sources de presse, ce n’est pas une femme qui a été choisie pour présider la banque, c’est la première fois que ce poste échoit à une personnalité n’ayant pas la nationalité suisse. António Horta-Osório a 56 ans et est citoyen portugais. Il est actuellement directeur général de Lloyds Banking Group, la plus grande banque commerciale et de détail du Royaume-Uni, qu'il a annoncé cet été vouloir quitter.

La proposition de ce nom, est le fruit, déclare la banque, « d’un processus de recherche intensif orienté à l’international ». Elle intervient cependant alors que Thomas Gottstein le nouveau directeur nommé en février 2020 après le départ brutal de son prédécesseur Tidjane Thiam, est pour sa part un citoyen suisse et un pur produit de la maison.

Aujourd’hui, la banque doit mener plusieurs chantiers de front. Elle est entré dans une phase de profonde restructuration de ses activités de banque d’investissement et de marché et a fusionné ses activités avec celles de sa filiale régionale Neue Aargauer Bank. Elle doit aussi s’affranchir de la réputation qui la suit depuis l’affaire d’espionnage digne d’un roman ayant opposé Tidjane Thiam à Iqbal Khan, alors en charge de la gestion de fortune de la banque.

Hasard du calendrier, la banque a également annoncé aujourd’hui qu’un litige l’opposant à MBIA depuis 2009 concernant des garanties sur créances hypothécaires résidentielles (RMBS) américaines émises en 2007 pourrait entraîner un jugement contre elle. Le Credit Suisse pourrait à avoir à s'acquitter d'une somme maximum d'environ 680 millions de dollars. Bien que la banque estime avoir « de solides motifs d'appel », elle a déjà passé pour 300 millions de dollars de provisions au cours des périodes précédentes dans le cadre de cette affaire et devrait les augmenter encore au quatrième trimestre de cette année.

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