Les acteurs financiers sont surveillés sur le climat

le 02/12/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque de France et l’ACPR contrôleront les engagements climatiques des banques et assurances et appliqueront en 2020 un stress test climatique.

Bruno Le Maire, ministre des Finances, au Climate Finance Day, vendredi 29 novembre à Paris.
Bruno Le Maire, ministre des Finances, au Climate Finance Day à Paris.
(Photo Climate Finance Day.)

Nous voulons que la place de Paris garde son rôle de leader de la finance verte», a lancé Bruno Le Maire, ministre des Finances, au Climate Finance Day, vendredi 29 novembre à Paris. Plusieurs mesures ont été annoncées pour mieux contrôler et soutenir la finance durable. Les engagements sur le climat des acteurs financiers seront d’abord évalués et contrôlés «de manière totalement indépendante» par l’ACPR et l’AMF qui présenteront un rapport conjoint en novembre 2020. Un observatoire des actions et réalisations, créé par les acteurs eux-mêmes, sera également mis en place pour permettre une revue des pairs. Enfin, la Banque de France et l’ACPR appliqueront en 2020 un premier exercice de stress test climatique sur les banques et les assureurs. «Je propose que ces dispositifs soient également mis en place en Europe», a indiqué le ministre.

Le budget 2020 prévoit par ailleurs la fin des soutiens publics à l’export des projets de recherche, d’exploration et de production du charbon. «Nous irons plus loin en réalisant une revue globale de toutes les garanties de financement à l’exportation. Elle sera rendue publique au premier trimestre 2020 et les décisions pourront être prise dans le budget 2021», a affirmé Bruno Le Maire. Un budget vert sera également présenté dans la loi de finances de 2021.

En Europe, le gouvernement affiche aussi ses ambitions. Il propose d’augmenter le capital de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) de 10 milliards d’euros avant la fin 2022 pour que ses financements pour la transition écologique passent de 60 à 70 milliards d’euros par an. La France prendra sa part d’effort en augmentant sa participation au capital.

Le gouvernement pousse également pour qu’une taxe carbone aux frontières sur les produits importés soit proposée dès 2020 pour une mise en place en 2022. «Le protectionnisme climatique a du sens », estime Bruno Le Maire.

Pour soutenir la finance durable, le gouvernement souhaite que la taxonomie européenne des actifs verts sorte dès 2021 plutôt que 2022 et que le référentiel de performance environnementale des entreprises soit utilisable dès 2022. La France fera des propositions à la Commission européenne pour établir des standards harmonisés de transparence des émissions de gaz à effet de serre des entreprises. Le ministre appelle également les assureurs et banquiers européens à suivre les engagements pris par la place parisienne en sortant du charbon dès 2030 et à aligner leurs investissements sur un réchauffement de moins de 2 degrés.

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