La BCE souligne la vulnérabilité de certaines banques à une crise de liquidités

le 07/10/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

Intérieur de la Banque centrale européenne à Francfort.
(Crédit ECB Robert Metsch.)

Une pénurie de liquidités de six mois serait fatale à la moitié des plus grandes banques de la zone euro, indique la Banque centrale européenne (BCE) au regard des résultats du test de résistance prudentiel de 2019. «Les résultats de l’exercice sont globalement positifs : près de la moitié des 103 banques ayant participé à l’exercice ont déclaré une 'période de survie' de plus de six mois en cas de choc défavorable et de plus de quatre mois en cas de choc extrême», explique la BCE. La période de survie correspond au nombre de jours pendant lesquels une banque peut continuer à exercer ses activités avec la trésorerie et les garanties dont elle dispose, sans accès aux marchés de financement.

«Les chocs simulés lors de l’exercice ont été calibrés en tenant compte de l’expérience prudentielle acquise au cours des récents épisodes de crise, sans aucune référence aux décisions de politique monétaire. L’analyse de sensibilité a été axée uniquement sur l’incidence potentielle des chocs idiosyncrasiques sur la liquidité des différentes banques. Elle n’a pas évalué les causes possibles de ces chocs ni l’incidence de perturbations plus vastes des marchés», explique la banque.

Selon elle, «les effets des chocs idiosyncrasiques de liquidité sur les banques universelles et les banques d’importance systémique mondiale seraient généralement plus sévères que pour les autres établissements, dans la mesure où elles dépendent habituellement de sources de financement moins stables, comme les dépôts de montants élevés et les dépôts des entreprises, soumis à des taux de sortie de trésorerie plus élevés dans le cadre de l’exercice». En revanche, «grâce à leur base de dépôts plus stable, l’incidence sur les banques de détail serait moins forte».

Après cet exercice, la BCE va exiger des banques qu’elles effectuent un suivi dans les domaines où des vulnérabilités ont été décelées. Parmi celles-ci, «plusieurs banques ont recours au refinancement interbancaire à court terme libellé en devises et certaines d’entre elles peuvent être excessivement dépendantes du bon fonctionnement du marché des swaps de change», note la BCE. « Les filiales des banques de la zone euro établies en dehors de celle-ci présentent généralement des périodes de survie plus courtes que les filiales établies dans la zone euro», ajoute la banque centrale qui souligne que «certaines 'stratégies d’optimisation' réglementaires révélées au cours de l’exercice seront examinées avec les banques dans le cadre du dialogue prudentiel».

Les autorités de surveillance débattront des conclusions avec chaque banque dans le cadre du processus de contrôle et d’évaluation prudentiels. «Les résultats n’influenceront pas directement les exigences prudentielles en matière de fonds propres, mais ils étayeront l’évaluation de la gestion de la gouvernance et du risque de liquidité des banques», conclut la BCE.

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