Les comptes d’Uber sont grevés par des frais d’assurance et de paiement exponentiels

le 15/04/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le géant des VTC a dû provisionner 2,9 milliards de dollars en assurance, selon son document d’introduction en Bourse.

Plate-forme de VTC Uber
Uber assure les trajets de ses chauffeurs grâce à des partenariats avec des assureurs.
(Photo Uber.)

À l’approche de son introduction en Bourse (IPO), Uber Technologies a levé le voile sur ses comptes, qui s’avèrent grevés par des frais d’assurance et de paiement en forte hausse. Entre 2016 et 2018, les provisions pour assurance ont grimpé, passant de 712 millions à 2,9 milliards de dollars, selon le document remis par l’entreprise au régulateur financier américain, la SEC. Sur la seule année 2017, Uber a vu ses coûts d’assurance bondir d’1,3 milliard de dollars tandis que ses frais de traitement des transactions par carte bancaire ont augmenté de 62% pour atteindre 749 millions. Uber assure les trajets de ses chauffeurs grâce à des partenariats avec des assureurs comme Axa mais aussi via une filiale interne basée à Hawaii, comme celle de son concurrent Lyft. Ce dernier n’a, toutefois, provisionné que 810 millions de dollars en assurance en 2018, soit nettement moins qu’Uber.

Côté paiement, Uber fait appel à des prestataires comme la fintech Adyen, une plate-forme de paiement en ligne néerlandaise, pour gérer son flux de transactions. Pour éviter la hausse de ces frais de traitements bancaires, le géant de la Silicon Valley déploie plusieurs stratégies. Il a lancé en septembre 2018 Uber Cash, un porte-monnaie électronique qui permet aux consommateurs de créditer des fonds pour leurs trajets futurs. Aux Pays-Bas, sa filiale Uber Payments B.V. vient d’obtenir une licence d’établissement de paiement lui permettant de traiter elle-même les transactions et de générer de la monnaie électronique. L’entreprise a notifié à la banque centrale des Pays-Bas de sa volonté d’étendre cette activité de paiement dans d’autres pays grâce au «passeport» européen. «Nous sommes en train d’examiner nos options pour demander d’autres licences et agréments afin d’optimiser nos solutions de paiement et soutenir notre croissance future», explique Uber dans son document.

Cette incursion dans les paiements, qui n’est pas sans rappeler celles d’Apple, Google et Facebook, vise donc à juguler les coûts d’Uber, qui ont atteint 14 milliards de dollars en 2018. Or, l’entreprise indique s’attendre à une hausse significative de ses charges d’exploitation dans le futur, ce qui risque de l’éloigner toujours plus de la rentabilité. En 2018, sa perte opérationnelle s’est élevée à 3 milliards de dollars. Le développement d’une activité de paiement l’expose, par ailleurs, à de lourds investissements pour répondre aux exigences de lutte contre le blanchiment d’argent.

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