Outre-Manche, l’open banking entre dans une année décisive

le 11/01/2019 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un an après son introduction, l’ouverture aux tiers des systèmes d'information des banques n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière.

Yolt, l’agrégateur d’ING
Yolt, l’agrégateur d’ING, a été le premier prestataire à introduire en janvier une API avec Lloyds Banking Group.
(Photo Yolt.)

Au Royaume-Uni, c’est désormais l’heure des premiers bilans. Fin décembre, 100 entreprises régulées étaient autorisées à fournir des services utilisant l’open banking. Un même nombre s’apprêterait aussi à rejoindre cette cohorte. «Il est certain que ce que nous avons aujourd’hui constitue un pas dans la bonne direction, explique Imran Gulamhuseinwala, trustee au sein de l’Open Banking Implementation Entity, cependant, cela n’atteint pas encore les normes élevées en matière de conformité et de performance que nous attendons». Managing director en charge des paiements et des cartes chez Accenture, Sulabh Agarwal appelle à la patience : «c’est avant tout une question d’éducation : l’open banking est un concept qui n’est pas nécessairement accessible d’emblée pour beaucoup de consommateurs. Le succès des dotcom ne s’est pas fait non plus en un jour».

L’année 2018 a cependant été marquée par une série d’initiatives intéressantes outre-Manche : Yolt, l’agrégateur d’ING dont l’application permet de gérer ses finances personnelles, a été le premier prestataire à introduire en janvier une API (interface de programmation) avec Lloyds Banking Group. La fintech a depuis répliqué cette initiative avec une dizaine des banques de détail les plus importantes outre-Manche. En avril, le nouvel entrant bancaire CYBG a lancé son propre agrégateur de gestion financière permettant ainsi à ses clients d’accéder aux comptes détenus chez Barclays, Lloyds, RBS, Santander et Nationwide.

«Les premières expériences d’open banking se sont faites autour de l’agrégation de comptes, ce qui constitue un bon outil de gestion financière, explique Sulabh Agarwal, mais de façon croissante, nous voyons apparaître des propositions plus sophistiquées». Les outils d’aide à la gestion de l’endettement commencent ainsi à se développer. Lancée depuis septembre, l’initiative Open Banking for Good associe fintech et associations caritatives spécialisées dans l’endettement pour parvenir à développer des applications destinées à venir en aide aux clientèles bancaires vulnérables. Selon Sulabh Agarwal, 2019 devrait donner un nouvel élan à l’open banking : «d’ores et déjà, un travail considérable est en train d’être accompli pour améliorer l’expérience client, explique le managing director d’Accenture, mais il est indéniable que la mise en oeuvre finale de la directive DSP2 en septembre prochain devrait permettre de gonfler de façon significative les volumes».

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