Investisseurs et entreprises s’accordent sur un cadre de reporting climat

le 03/10/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'AFG, la FFA et le Medef ont publié des recommandations destinées aux entreprises des secteurs de l’énergie et des transports.

panneaux photovoltaïques au Maroc.
La part du renouvelable dans les revenus et les dépenses en faveur de la transition bas carbone, notamment, devront figurer dans le reporting.
(© UE CE Mohammed Kamal)

Les grands industriels et investisseurs français discutaient ensemble depuis un an de la meilleure manière d’intégrer les enjeux climatiques dans la politique et le reporting des entreprises. Leur dialogue a accouché cette semaine d’un cadre de reporting partagé, présenté lundi lors d’une réunion au Medef, et endossé également par la Fédération française de l’assurance et l’Association française de gestion financière (AFG).

La démarche s’inscrit dans la droite ligne des travaux de la TCFD, la task-force internationale qui a été mise en place à l'initiative du Conseil de Stabilité Financière du G20. Ces experts avaient publié fin 2016 puis en 2017 des recommandations de reporting destinées aux entreprises et aux investisseurs afin d’améliorer la transparence sur les risques financiers liés au changement climatique. L’initiative conjointe de l’AFG, de la FFA et du Medef fait aussi écho aux avancées françaises en la matière, comme l’article 173 sur la loi de transition énergétique, qui impose aux investisseurs institutionnels une transparence dans ce domaine.

L’application du cadre de reporting est volontaire. Le document, de six pages, dresse la liste des informations jugées prioritaires pour les entreprises des secteurs de l’énergie et des transports. Il couvre la gouvernance, la stratégie (risques et opportunités liés au climat, compatibilité avec un réchauffement de 2°C…), la gestion des risques et les indicateurs clés de performance, comme les émissions de CO2, la part du renouvelable dans les revenus et les dépenses réalisées en faveur de la transition bas carbone. Des indicateurs spécifiques sont «suggérés» par secteur d’activité : existence d’un prix interne du carbone ou répartition des réserves selon le type d’émissions, pour les énergéticiens ; émissions moyennes de gaz à effet de serre par les véhicules produits ou utilisés, répartition des véhicules vendus par catégorie, pour les constructeurs automobiles et les transporteurs.

«Ces recommandations sont récentes et ambitieuses. Cela suppose donc un temps d’adaptation pour les acteurs, afin de développer des méthodologies robustes et de les mettre en œuvre», précise le cadre de reporting. «L’objectif n’est donc pas, dans un premier temps, d’appliquer dans leur intégralité ces recommandations mais d'en extraire les informations essentielles attendues pour fixer un cadre opérationnel de reporting climat», poursuivent ses promoteurs.

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