Alexandre de Rothschild se rapproche des manettes de Rothschild & Cie

le 28/02/2018 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il succédera cet été à son père David à la tête de la banque d’affaires. Son futur titre reste flou.

Bureaux de Rothschild & Co, avenue de Messine à Paris.
Bureaux de Rothschild & Co, avenue de Messine à Paris.
(Bloomberg.)

Le calendrier se précise. Alexandre de Rothschild remplacera son père David à la tête de Rothschild & Co l’été prochain, écrivait hier le Financial Times. Ce passage de témoin aura lieu «entre l’assemblée générale du mois de mai et l’automne», précise à L’Agefi une source proche du groupe. Rothschild & Co ne commente pas. De même, l’organigramme futur de la banque d’affaires franco-britannique n’est pas public. David de Rothschild, 75 ans, quittera-t-il définitivement la présidence du groupe qu’il a rebâti après la nationalisation de 1981, puis unifié en réunissant les branches française et anglaise en 2012 ? Ou bien prendra-t-il une nouvelle fonction non exécutive ?

En tout cas Alexandre de Rothschild, 37 ans et actuel vice-président exécutif de Rothschild & Co, sera alors le patron officiel du groupe. Depuis quelques mois, l’unique fils de David occupe un nouveau bureau, à quelques pas de celui de son père. Diplômé de l’Ecole supérieure de commerce extérieur, il a rejoint le groupe de conseil financier et de gestion d'actifs et privée en 2008, pour contribuer au lancement du pôle de capital-investissement et de dette privée qu’il codirige. Alexandre de Rothschild est aussi en charge des investissements pour compte propre et siège au conseil d’administration de Bouygues.

«Il ne sera pas lâché dans la nature. C’est le concert familial qui gère les intérêts de la banque», rappelle un analyste. La famille détient 49,2% des titres et 58,4% des droits de vote. «La nomination d’Alexandre de Rothschild s’inscrira dans la continuité de la stratégie du groupe qui mise sur le développement des fusions-acquisitions aux Etats-Unis, sa diversification dans la banque privée et la gestion d’actifs, dans le private equity et la dette privée et dans le digital, poursuit l’analyste. Peut-être pourra-t-il contribuer à régler les problèmes avec la famille (la branche cousine de la banque Edmond de Rothschild, ndlr). En revanche, si le nombre de deals baisse, on se demandera s’il a les épaules assez larges.»

Pour autant, les deux directeurs généraux Olivier Pécoux et Nigel Higgins vont continuer à «gérer la maison au niveau opérationnel», assure un autre analyste. Si Rothschild & Co règne sur le M&A français«David de Rothschild n’est pas un grand banquier d’affaires mais il a su s’entourer, être un bon DRH», poursuit-il. Jusqu’à présent, son fils est resté discret aux yeux de la plupart des salariés, des investisseurs et des clients, selon plusieurs témoignages. Charge à lui désormais de se faire un prénom.

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