La fintech Revolut demande une licence bancaire européenne

le 09/11/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Son obtention permettra à la start-up londonienne de proposer du découvert ou des dépôts à terme à ses clients.

Revolut, fintech britannique à Londres
La fintech londienne Revolut a été lancée en juillet 2015.
(photo Revolut)

Une nouvelle banque pourrait émerger sur le sol européen. La fintech londienne Revolut, qui revendique 950.000 utilisateurs, annoncé ce jeudi avoir demandé l’obtention d’une licence bancaire européenne, licence qui lui permettra de se transformer en une véritable banque. La start-up lancée en juillet 2015 espère obtenir le sésame «au cours du premier semestre 2018».

L’obtention de l’agrément bancaire européen «permettra d’apporter des produits supplémentaires à nos clients», explique Benjamin Belais, country manager pour la France et la Suisse - entre autres, la possibilité de découvert bancaire, de prêt personnel et de dépôt à terme. Autre avantage, la néo-banque verra les dépôts de ses clients garantis à hauteur de 100.000 euros.

«Nous avons installé une équipe de gouvernance et des structures financières vont être mises en place. Cela induit une mobilisation aussi bien financière qu’humaine que nous avions planifiée», précise Benjamin Belais. Il assure cependant que Revolut conservera toute sa «souplesse» : «Cela ne va pas ralentir le rythme auquel nous proposons de nouveaux produits innovants», soutient-il.

La jeune banque a fait le choix d’obtenir sa licence bancaire en Lituanie. Le pays balte est «un des principaux hubs de la fintech en Europe à l’heure actuelle. Son approche consultative en termes de réglementation, ainsi que ses infrastructures constituent un environnement idéal pour soutenir les entreprises à forte croissance», explique Revolut. «Il n’y a pas d’enjeu financier», ajoute Benjamin Belais, ni incertitudes vis-à-vis du Brexit qui pousseraient la start-up hors de Londres

En parallèle de l’agrément bancaire, Revolut entend développer son propre système de paiement. «Nous voulons créer un véritable système bancaire, afin de contrôler l’ensemble de la chaîne du début à la fin, tout en étant plus souple et moins cher», explique Benjamin Belais, qui ne s’inquiète pas de la multiplication actuelle des banques mobiles. «Si l’on observe bien, il y a beaucoup d’acteurs sur le marché mais très peu d’innovations», constate-t-il.

La fintech qui veut «'disrupter' le secteur bancaire», assure que l’on peut créer un compte courant en 60 secondes via son application, mais aussi dépenser dans plus d’une centaine de devises étrangères. Outre ses 950.000 utilisateurs, Revolut affirme disposer de 16.000 comptes entreprise et d’un volume de transactions de plus de 6 milliards de dollars.

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