Deutsche Bank tombe dans le ventre mou de la banque privée mondiale

le 08/08/2017 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque allemande chute à la 16e place du classement établi par Scorpio, signe de ses cessions mais aussi des effets de ses nombreux litiges.

Deutsche Bank tombe dans le ventre mou de la banque privée mondiale
Les déconvenues subies ces dernières années par Deutsche Bank expliquent son classement médiocre.
(Photo Bloomberg.)

Deutsche Bank chute de cinq places dans le classement mondial des 25 plus grandes banques présentes dans la gestion privée, a indiqué, lundi, le cabinet Scorpio Partnership à l’origine du palmarès. Avec ses 192 milliards d’euros sous gestion, en baisse de 28%, l’activité de banque privée du réseau allemand est ainsi reléguée à la 16e place d’une publication qui fait autorité.

Le top 4 des banques reste le même avec en tête UBS (2.068 milliards d’actifs sous gestion), suivi par Bank of America, Morgan Stanley et Wells Fargo, dans un classement portant sur les 25 plus grandes banques privées représentant 13.300 milliards de dollars d’actifs (63,2% du marché).

«Deutsche Bank a cédé l'an dernier une partie de sa gestion de fortune aux Etats-Unis et s'est retirée d'autres pays. Ces cessions expliquent l'essentiel de la baisse de ses actifs», a indiqué un représentant de la banque. Mais selon l’étude, il semble aussi que la stagnation des revenus des gestionnaires de fortune ait incité les banques à réduire leurs dépenses et à améliorer leur ratio coût-revenu. Le ratio est d’ailleurs tombé à son plus bas niveau depuis 2012.

Le classement médiocre de Deutsche Bank reflète aussi la liste des déconvenues subies par la première banque allemande ces dernières années. En 2016, le département américain de la Justice avait menacé l’établissement d’une amende de 14 milliards de dollars pour la vente de produits financiers toxiques en amont de la crise financière de 2007-2009. Deutsche Bank a finalement dû s’acquitter de 7,2 milliards de dollars, mais l'affaire a terni sa réputation et fait fuir certains de ses clients fortunés.

En juin, Deutsche Bank avait dû consentir à payer une ardoise de 41 millions de dollars (36,6 millions d’euros) présentée par les autorités américaines pour clore une enquête de la Fed sur ses dispositifs antiblanchiment. En outre, les résultats du deuxième trimestre ont été marqués par un plongeon de 16% des revenus de la BFI et un repli de 10% du produit net bancaire global à 6,6 milliards d’euros, son plus faible niveau depuis la fin 2013.

Autre perdant du classement, Credit Suisse, pour qui la gestion de fortune est pourtant une priorité, chute d’une place et se retrouve 6e dans le classement derrière RBC Canda dont les actifs ont fait un bond de 17%.

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