Rome devra trouver une solution rapide pour Monte Paschi

le 12/12/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque italienne a décidé hier de rouvrir aux investisseurs individuels son offre d’échange d'obligations subordonnées contre des actions.

Rome devra trouver une solution rapide pour Monte Paschi
(Bloomberg)

Le sauvetage de la banque Monte Paschi sera l’un des dossiers prioritaires de Paolo Gentiloni, chargé hier de former un nouveau gouvernement en Italie par le président de la République, Sergio Mattarella, à l’issue des consultations que ce dernier a eues avec l’ensemble des partis politiques.

Agé de 62 ans, le président du Conseil désigné, ministre sortant des Affaires étrangères dans le gouvernement de Matteo Renzi, appartient au Parti démocrate (PD), formation de centre gauche majoritaire dans les deux chambres du Parlement. Paolo Gentiloni a exprimé sa volonté de constituer un nouveau gouvernement le plus rapidement possible et «dans le même cadre» que celui de son prédécesseur dont il est politiquement proche.

Ce gouvernement devra contenir la crise du secteur bancaire italien, particulièrement aiguë dans le cas de Monte Paschi, la troisième banque du pays. Son conseil d'administration s'est réuni en urgence après le refus vendredi de la Banque centrale européenne (BCE) de lui accorder un délai supplémentaire de trois semaines, jusqu'au 20 janvier, pour mettre à exécution son plan de sauvetage.

Si un renflouement par l’Etat ne peut être écarté, la banque cherche encore à finaliser avant la fin de l'année une augmentation de capital de cinq milliards en recourant au seul secteur privé. «La solution d'un appel au marché est la meilleure», a déclaré le président du PD, Matteo Orfini. «Si cela ne marche pas, il faudra stabiliser la banque dans le respect des règles de l'Union européenne», a ajouté celui-ci.

Le conseil d’administration de Monte Paschi a indiqué hier soir qu’il avait décidé de rouvrir aux investisseurs individuels son offre d'échange d'obligations subordonnées contre des actions. Cela a nécessité l’aval préalable du régulateur financier italien, la Consob, afin d’éliminer certaines clauses qui avaient découragé les épargnants de participer à la précédente offre. Celle-ci lui a permis de lever la semaine dernière un peu plus d’un milliard d’euros, un montant que la banque espère ainsi doubler, selon des sources proches du dossier.

En parallèle, le fonds souverain du Qatar semble toujours prêt investir un milliard d'euros dans Monte Paschi et un consortium bancaire pourrait tenter de lever des capitaux supplémentaires avant Noël via une offre publique de vente d'actions sur le marché, sans s'engager à y souscrire. 

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