L’espoir d’une aide d’Etat revigore les banques italiennes

le 08/12/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Emmenées par Monte Paschi, les actions du compartiment ont bondi à la suite de spéculations démenties sur un recours au MES.

L’espoir d’une aide d’Etat revigore les banques italiennes
Monte dei Paschi a mené la danse hier avec un bond de 10,79% qui laisse néanmoins sa valorisation à 0,07 fois sa valeur comptable.
(Photo DR.)

Les actions des banques italiennes poursuivent leur rebond. Trois jours après le résultat négatif du référendum qui laisse craindre une période d’incertitude politique en Italie, Rome a réfuté mercredi travailler à une demande d’aide de 15 milliards d’euros auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour soutenir son secteur bancaire. La perspective d’un refoulement public de Monte dei Paschi (MPS) avait soutenu la cote mardi.

MPS a mené la danse hier avec un bond de 10,79% qui laisse néanmoins sa valorisation à 0,07 fois sa valeur comptable. Au sein de l’indice Eurostoxx Bank, quatre des cinq meilleures performances ont été inscrites par des banques italiennes. Récemment pressentie pour prendre le contrôle de Banca Etruria, l’une des quatre banques sauvées de la faillite par l’Etat en novembre 2015, Banca Popolare dell'Emilia Romagna (+10,41%) a fini en première position devant UniCredit (+9,42%).

«Les fonds publics [du MES] viendraient en complément de dépréciations ou d’une conversion en capital des dettes subordonnées, ce qui conduirait à une recapitalisation plus importante qu’attendu des banques (…), ce qui serait positif pour le secteur tout entier et notamment les plus grandes banques», résume BNP Paribas. Combiné au fonds Atlante, les 15 milliards d’euros «seraient suffisants pour purger environ la moitié des prêts non performants des banques», ajoute HSBC.

A l’instar du plan B de MPS évoqué mardi par Reuters, qui verrait Rome prendre une participation majoritaire pour compenser l’éventuelle impasse de sa levée auprès d’intérêts privés inquiets des suites du référendum, ce schéma comporte un inconvénient politique majeur. «Avec les nouvelles règles de BRRD, toute aide étatique pourra venir seulement après un bail-in sur les dettes subordonnées et seniors», rappelle BNP Paribas. Or, environ un tiers de l’encours est détenu par des particuliers en Italie.

Compte tenu du stock de prêts douteux de 360 milliards d’euros et de la fragmentation du paysage bancaire italien, cette réalité s’oppose à toute solution pérenne. Hypothétique, le recours au MES rappelle néanmoins aux investisseurs que la BCE pourrait intervenir via son programme OMT si la situation s’envenimait.

Dans le cas de MPS, Aurel BGC estime qu’un «traitement différent envers les porteurs de dettes institutionnels et particuliers pari passu semble possible». En avril, Rome a décidé du remboursement de 80% des pertes des porteurs de dette de Banca Etruria et ses consœurs.

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