Matthew s’annonce moins coûteux que redouté pour l’industrie de l’assurance

le 14/10/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’ouragan qui a frappé les Caraïbes et la côte Est des Etats-Unis pourrait coûter entre 6 et 8,8 milliards de dollars aux assureurs et réassureurs, selon AIR Worldwide.

Photo satellite d'un ouragan sur la côte est des Etats-unis.
L’ouragan Matthew ne figurera pas dans le top dix des pires pertes jamais supportées par l’industrie.
(Photo DR.)

L’ouragan Matthew qui s’est abattu sur les Caraïbes et sur la côte Est des Etats-Unis pourrait finalement coûter moins cher que redouté par les analystes les plus pessimistes. Hier, AIR Worldwide a estimé que Matthew pourrait infliger jusqu’à 8,8 milliards de dollars de pertes aux assureurs et aux réassureurs. Le cabinet américain de modélisation des risques chiffre entre 2,2 milliards et 6,8 milliards d’euros les pertes assurées enregistrées aux Etats-Unis et entre 600 millions et 2 milliards celles essuyées aux Caraïbes.

Ce montant placerait Matthew hors du top dix des pires pertes jamais supportées par l’industrie. Pour rappel, la catastrophe naturelle la plus chère à ce jour est l’ouragan Katrina qui a dévasté la Nouvelle Orléans en 2005, coûtant 60,5 milliards de dollars en pertes assurées, d’après les données de Munich Re.

Selon le cabinet Peel Hunt, les dommages assurés causés par Matthew seront surtout dus aux inondations pour les entreprises, au vent pour les habitations résidentielles, et aux dégâts subis par le secteur maritime.

La répartition du coût pourrait se faire à moitié entre les assureurs et les réassureurs, selon JPMorgan. Les réassureurs européens ne seront pas épargnés. Prenant l’hypothèse d’un coût situé entre 4 et 7 milliards de dollars, JPMorgan estime que Swiss Re et Munich Re prendront chacun à leur charge 10% de la perte infligée à la réassurance, Hannover Re 6% et Scor 3%.

Côté assureurs, les grands groupes les plus exposés en Floride sont AIG et Progressive, d’après Bloomberg. Mais les petits assureurs locaux, plus vulnérables, seront sûrement les plus touchés. Ils possèdent 60% du marché de l’assurance habitation en Floride, mais amassent moins de réserves que les assureurs traditionnels et recourent plus à la réassurance, souligne Fitch.

Enfin, les acteurs de l’industrie risquent de subir des pertes à travers leurs portefeuilles d’obligations catastrophes («cat nat bonds»). L’indice de ces obligations fourni par Swiss Re a perdu 1,7% dans la semaine du 30 septembre au 7 octobre, soit son plus gros recul depuis 2012. Dans une note du 7 octobre, S&P cite 15 «cat nat bonds» susceptibles d’être activés. Les assureurs et réassureurs les plus exposés sont Florida Citizens, Everest Re, Swiss Re, RenaissanceRe, USAA, Great American Insurance Group et AIG. 

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