La technologie ouvre de nouveaux fronts pour les réassureurs

le 13/09/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les grands acteurs du secteur réunis à Monte-Carlo misent sur leurs capacités d'analyse des données pour se différencier.

La technologie ouvre de nouveaux fronts pour les réassureurs
Un levier de différenciation et de compétitivité réside dans l'usage de la technologie.
(Crédit Fotolia.)

Tous les professionnels réunis à Monte-Carlo pour la soixantième édition des Rendez-Vous de Septembre s'accordent sur ce point : le marché de la réassurance va rester favorable aux acheteurs.

Le réassureur allemand Hannover Re s'attend à plus grande stabilité des prix lors des renouvellements au 1er janvier 2017. Christian Mumenthaler, directeur général de Swiss Re, estime pour sa part que «nous sommes proches du point bas de ce cycle de marché». Même son de cloche chez le réassureur allemand Munich Re, qui ne s'attend pas à une croissance significative de la demande en assurance et réassurance au cours des prochaines années.

Le marché reste caractérisé par des capitaux excédentaires et un environnement de taux bas qui pèse à l'actif. Les agences de notation tablent sur un recul des tarifs compris entre 0% et 5%. Pour évoluer dans ce contexte difficile, les grands noms du secteur mettent en avant leur capacité à réaliser des transactions sur mesure pour le compte de leurs clients. La demande pour des solutions personnalisées de transfert de risque va croissante, indique Swiss Re. De tels montages permettent aux assureurs d'optimiser leur structure de fonds propres et d'améliorer leur rentabilité du capital.

Un autre levier de différenciation et de compétitivité, selon Swiss Re, réside dans l'usage de la technologie. «L'analyse des données numériques touche l'ensemble de la chaîne de valeur», explique Christian Mumenthaler. De nouvelles perspectives concernent autant la distribution (conseillers digitaux, nouveaux canaux de distribution pour les assureurs) que la souscription. Signe que la question de la technologie suscite l'intérêt de l'industrie, PwC vient de publier une étude jugeant la blockchain «faite pour la réassurance».

La technologie de registre distribué pourrait ainsi représenter une opportunité d'économie de coût atteignant les 10 milliards de dollars grâce a un placement des primes plus efficace et rapide, ainsi qu'a un meilleur règlement des sinistres. Sur ce terrain, une plate-forme de «catastrophe swap» basée sur la blockchain et la notion de contrat intelligent vient d'ailleurs d'être développée par Symbiont.

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