Les banques britanniques résisteraient à une crise de l’immobilier commercial

le 19/08/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les grands acteurs enregistreraient néanmoins des pertes de 12 milliards de livres, dont 4,1 milliards pour RBS et 3 milliards pour Lloyds.

RBS, City of London.
Une crise compliquerait un peu plus encore la restructuration de RBS, qui a récemment abandonné ses objectifs financiers.
(Photo Bloomberg.)

Les banques britanniques parviendraient à digérer une crise de l’immobilier commercial mais ses conséquences demeureraient douloureuses. Dans le sillage du Brexit, les six plus grands acteurs du secteur pourraient enregistrer des pertes de 12 milliards de livres (13,9 milliards d’euros) sur leurs portefeuilles, selon Moody’s. La banque RBS totaliserait à elle seule 4,1 milliards de pertes, devant Lloyds (3 milliards), HSBC (1,7 milliard) et Barclays (1,5 milliard). « Même si nous estimons que les grandes banques britanniques sont mieux préparées pour résister à une détérioration de la qualité de leurs portefeuilles (…) que durant la crise de 2008-2009, des tensions supplémentaires auraient des répercussions sur leur profil de crédit », prévient l’agence de notation. Dans le scénario adverse de Moody’s, qui table sur des baisses de prix « significativement supérieures » à 10%, leurs ratios CET1 chuteraient en moyenne de 113 points de base (pb).

Dans le sillage du vote en faveur du Brexit, plusieurs fonds immobiliers ouverts ont suspendu les rachats face aux demandes des investisseurs. Avant même le scrutin, l’incertitude avait conduit au report de plusieurs ventes sur ce marché, très dynamique depuis deux ans. Si les six plus grandes banques ont réduit leurs prêts adossés à l’immobilier commercial de 40% depuis 2010, l’encours totalise encore 84,6 milliards de livres à la fin juin, calcule Moody’s.

RBS affiche l'exposition la plus importante avec un encours de 25,3 milliards de livres qui représente 7,6% de ses prêts. «Environ 10% du portefeuille de RBS fait partie de sa structure de défaisance», note Moody’s. Pour Lloyds, l’exposition totalise 20,3 milliards de livres, dont 4,4% sont eux aussi intégrés dans sa structure de défaisance. En cas de stress sur le marché, les deux banques enregistreraient des baisses de leur ratio CET1 de 173 et 136 pb, à 13,7% et 14,1%.

Ces turbulences n’auraient cependant rien à voir avec la crise de 2008-2009, qui avait conduit à une chute des prix de 45% dans l’immobilier commercial britannique. «Entre 2008 et 2010, les provisions des institutions financières britanniques avaient totalisé 105 milliards de livres, dont une très large partie liée à l’immobilier commercial», rappelle Moody’s. Une crise compliquerait cependant un peu plus encore la restructuration de RBS, qui a récemment abandonné ses objectifs financiers.

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