Zurich fait un pas de plus vers le rachat de RSA

le 26/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'assureur helvétique envisage de déposer une offre ferme de 550 pence par action, valorisant le britannique 5,6 milliards de livres.

C'est une opération équivalente au rachat de Friends Life Group par Aviva qui se profile sur le marché européen de l'assurance. Sous la pression du Takeover Panel, l'autorité britannique en charge des offres publiques, l'assureur helvétique Zurich a mis sur la table une offre indicative de rachat en numéraire de 5,6 milliards de livres (7,6 milliards d'euros) pour RSA.

A 550 pence par action, le montant de cette proposition révisée constitue une forme de compromis entre les attentes de RSA et les contraintes de Zurich. Ce dernier honorerait le versement d'un dividende intérimaire de 3,5 pence par action annoncé récemment. Zurich avait signalé en mai dernier qu'il comptait déployer d'ici à la fin de 2016 plus de 3 milliards de dollars en numéraire pour des acquisitions ou une redistribution aux actionnaires.

Si RSA dit avoir «indiqué à Zurich qu'il était disposé à recommander» une telle offre à ses actionnaires, l'assureur suisse a obtenu un délai supplémentaire, jusqu'au 22 septembre, pour formuler une offre ferme. De quoi lui permettre de poursuivre ses opérations d'audit d'acquisition (due diligence), en particulier sur le déficit des engagements de retraite qui s'élevait à 3,1 milliards de livres en fin d'année dernière. Selon les analystes de Berenberg, la prime de 26% par rapport au cours de RSA avant la première manifestation de Zurich, le 28 juillet, devrait convaincre les actionnaires du groupe britannique, au premier rang desquels figure Cevian Capital. Ils ajoutent toutefois que le groupe suisse sera entre autres choses contraint de dégager 500 millions de dollars pour atteindre son objectif de retour sur investissement de 10%. 

Un rachat de RSA marquerait l'opération de croissance externe la plus importante pour Zurich depuis quinze ans. Le groupe suisse renforcerait ses activités au Royaume-Uni et en Amérique latine et mettrait la main sur les filiales de RSA en Scandinavie et au Canada, toutes rentables. Un soutien bienvenu pour Zurich qui a vu son bénéfice net décroître de 3% en glissement annuel au premier semestre, à 2,1 milliards de dollars.

En ce qui concerne RSA, dont le résultat net a bondi de 84% sur les six premiers mois de l'année, ce rapprochement viendrait clôre deux années de tumulte, avec notamment un scandale en Irlande et le départ du directeur général Simon Lee, remplacé par l'ancien patron de RBS Stephen Hester.

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