UniCredit envisage d’émettre de la dette garantie par des prêts aux PME

le 24/08/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque ambitionne de placer l’an prochain 500 millions d’euros d’obligations copiant la structure de double recours des covered bonds.

L’innovation financière vole au secours de la croissance. Alors que l’activité de prêt aux PME demeure contrainte dans la zone euro, UniCredit envisage d’émettre l’an prochain jusqu’à 500 millions d’euros d’obligations d’un nouveau type. Ces dernières répliqueraient la structuration des covered bonds, qui refinance traditionnellement des prêts immobiliers ou aux collectivités locales, en l’appliquant aux prêts aux entreprises, voire à des actifs de crédit-bail.

«En imitant la technique et la structure de double recours, je pense qu’il serait plus facile de promouvoir [les prêts aux entreprises] et d’abaisser le coût pour le client», a déclaré à Bloomberg Waleed El-Amir, le responsable de la stratégie de financement d’UniCredit. Comme les covered bonds, qui sont adossées à des actifs placés au sein d’un cover pool, les investisseurs auraient un double recours, tant au niveau de la banque émettrice qu’au niveau du sous-jacent.

L’initiative d’UniCredit s’inscrit dans le cadre de la consultation lancée par Bruxelles concernant l'Union des marchés de capitaux. En mai dernier, le Conseil européen des covered bonds (ECBC) avait proposé la création des european secured notes (ESN), soit sous une structure imitant les «covered bonds», soit sous une forme similaire à la titrisation. «Un tel instrument compléterait la panoplie des outils de financement à long terme à destination des PME», jugeait l’ECBC.

«Il y a de la place pour cette technique, et nous pouvons l’appeler par un autre nom si cela est sensible», plaide Waleed El-Amir, également vice-président de l’ECBC, qui organisera en octobre une conférence sur l’ESN rassemblant banques et régulateurs. Selon lui, même en l’absence de traitement réglementaire préférentiel en termes de coût du capital, l’instrument financier trouverait preneur, car le coût est inférieur à celui d’une obligation senior non sécurisée ou d’un ABS.

Alors que la reprise s’affermit en zone euro, la distribution de crédit demeure inégale. «Les prêts bancaires aux PME ont enregistré un plongeon significatif en volume, passant d’un pic de 95 milliards d’euros mi-2008 à environ 54 milliards en 2013-2014», pointe une étude de l’Association bancaire européenne publiée en juillet. Très créatrices d’emplois, les PME ont en outre vu la prime qu’elles paient par rapport aux plus grandes entreprises gonfler de 50 points de base.

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