Vif succès pour le placement de titres UBS

le 21/08/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La vente des 9 % de l'Etat suisse, pour 5,4 milliards de francs, a été largement souscrite

UBS va à nouveau voler de ses propres ailes. Le gouvernement suisse, qui était entré à hauteur de 9 % dans le capital de la banque helvétique en octobre 2008 pour l’aider à surmonter la crise, a décidé de se retirer. L’opération de placement a remporté un grand succès auprès des investisseurs : le prix retenu s’est établi dans le haut de la fourchette prévisionnelle à 16,50 francs suisses pour un montant global de 5,4 milliards de francs. L’opération a été souscrite plus de quatre fois.

Dans la foulée de l'accord avec les Etats-Unis, la Confédération suisse a annoncé son intention « d’exercer son droit de conversion sur l’ensemble de ses titres convertibles à échéance 2011 correspondant à un investissement de six milliards de francs suisses (4 milliards d’euros) et de placer auprès d’investisseurs institutionnels les titres UBS nouvellement émis suite à la conversion ». Les opérations de conversion et d’augmentation de capital doivent intervenir le 25 août. Le gouvernement suisse récupérera alors 5,4 milliards de francs suisses, un montant légèrement inférieur à son investissement initial, mais auquel s’ajoutent 1,8 milliard d'intérêts qui auraient dû être payés par UBS à la date limite prévue de la conversion en juin 2011. De quoi réaliser une belle plus-value, de 1,2 milliard de francs suisses. Le rendement sur investissements ressort à 30 %, a indiqué la Confédération.

Le gouvernement a mandaté un consortium de trois banques - Credit Suisse, Morgan Stanley ainsi qu’UBS - pour placer les 332,2 millions d’actions UBS, soit 10 % du capital. Si cette opération n’aura aucun impact sur les comptes du groupe au 3e trimestre, elle conduira toutefois à une réduction du ratio tier one de 0,6 %. « Le ratio sera porté à 13,1 % en pro forma en incluant la vente de Pactual », indique le bureau d’études Helvea, « L’impact du paiement du coupon restant dû correspond à 60 points de base, un montant déjà connu mais qui devait être étalé dans le temps », indique Raymond James. L’opération a reçu de nombreux échos favorables. « La sortie du gouvernement est un signal positif, reflétant la confiance du gouvernement suisse sur la situation d’UBS », estime un analyste. Un avis partagé par la Banque nationale suisse. Pour l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA), ce retrait montre qu’UBS dispose d'une base de capital désormais stable et solide. Actuellement, « cela ne peut pas être une mauvaise opération », a déclaré jeudi Hans-Rudolf Merz, le ministre des Finances.

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