Tracfin note des progrès dans la lutte antiblanchiment

le 16/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les déclarations de soupçon se sont accrues de 17 % en 2008. Mais certaines banques et professions ont des progrès à faire

Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, n’a pas chômé en 2008. Le nombre de déclarations de soupçon que les professionnels (banques, assureurs, etc.) lui ont transmises a connu « une croissance sensiblement plus élevée que les années précédentes », souligne le service dans son rapport annuel (à lire dans « Aller plus loin »). Tracfin a traité 14.565 signalements d’opérations suspectes, 17 % de plus qu’en 2007, qui ont constitué 359 dossier transmis à la justice.

La cellule voit dans cet activisme le résultat de ses efforts de sensibilisation, mais aussi « une probable anticipation par les professionnels de la transposition de la troisième directive européenne en matière de lutte antiblanchiment ». Le secteur bancaire représente toujours plus des trois quarts des déclarations, mais avec des pratiques hétérogènes. « Certains établissements semblent avoir encore d’importantes marges de progression », note Tracfin. D’autres professions montent en puissance, comme les changeurs manuels (+48 %) et les notaires. La participation des assureurs s’affiche en léger progrès. En revanche, celle des entreprises d’investissement, des comptables et des administrateurs judiciaires reste marginale.

Tracfin identifie par ailleurs une modification des comportements du blanchiment, liée à la crise financière. La vitesse de déplacement des fonds illicites vers ou en provenance de paradis fiscaux risque de s’accroître en fonction des changements de législation. Quant à l’or, son statut de valeur refuge séduit aussi les fraudeurs. Les déclarations de soupçon relatives au métal jaune se sont nettement accrues au dernier trimestre 2008.

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