S&P bouscule la hiérarchie des banques les mieux capitalisées

le 24/11/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La mesure des fonds propres, dont le ratio moyen développé par l’agence s’établit à 6,7 %, constitue une faiblesse dans la notation des banques

Le ratio RAC (risk-adjusted capital) dévoilé lundi par Standard & Poor’s (S&P), permettant une comparaison des fonds propres des banques, bouleverse le palmarès des acteurs les mieux capitalisés. Selon la méthodologie de l’agence de notation, le ratio moyen de l’échantillon constitué de 45 banques ressort à 6,7 %, «un niveau inférieur de 3% au ratio moyen tier one », relève Bernard de Longevialle, responsable du projet Bâle II de S&P. Les fonds propres constituent plutôt une faiblesse des banques par rapport à leur notation. Mais le secteur devrait poursuivre son renforcement capitalistique sous la pression de la réglementation».

Concrètement, le ratio RAC correspond au rapport entre les fonds propres des banques (n’incluant pas plus de 25% de capital hybride, contre un niveau observé de 80% dans des cas extrêmes) et le risque pondéré. Comparativement à Bâle II, les actifs pondérés du risque sur l’échantillon se révèlent supérieurs de quelque 45% dans la méthodologie de S&P. «Les risques de trading et de prise de participations cotées représentent notamment 19% des risques contre 9% dans le cadre de Bâle II. Toutefois, les régulateurs prévoient un durcissement des critères qui devrait conduire à terme à une convergence», souligne Bernard de Longevialle.

Dès lors, ING ressort en tête avec un ratio RAC de 8,9%, contre un ratio tier one de 9,3%. A l’inverse, le ratio RAC de Morgan Stanley, qui affiche le plus fort ratio tier one (15,8%), s’établit à 8,1%. «La différence observée sur les banques américaines, qui présentent un ratio tier one et un leverage ratio plus élevés que la moyenne, est liée aux différences comptables entre les normes IFRS et US GAAP, au risque plus important que nous appliquons sur l’exposition aux ménages américains, ainsi qu’à la proportion plus élevée de capitaux hybrides», explique Bernard de Longevialle.

UBS illustre la grande différence pouvant intervenir entre les ratios RAC et tier one, de respectivement 2,2% et 13,2%, en raison de sa forte proportion de capital hybride et de l’importance de ses activités de marché. En Europe, les banques allemandes présentent un ratio RAC inférieur à la moyenne (4,3%), tandis que les banques françaises et britanniques affichent un ratio supérieur, de respectivement 6,8% et 7,1%. Le Crédit Mutuel se distingue, au troisième rang de l'échantillon considéré.

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