Les résultats des assureurs seront regardés à la loupe

le 18/02/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Malgré les anticipations des analystes et les annonces préliminaires, l'impact de la crise dépend beaucoup des normes comptables

Un gros point d’interrogation plane au-dessus de l’assurance. Les annonces préliminaires et les anticipations des analystes montrent que le secteur est fortement exposé aux turbulences financières, qui avaient dans un premier temps affecté les banques. Au-delà d’Aegon, les résultats attendus en 2008 sont peu réjouissants.

Le néerlandais Eureko a annoncé lundi qu’il serait recapitalisé à hauteur du milliard d’euros par ses actionnaires. Si Legal & General a rassuré le marché hier en affichant un niveau de capital excédentaire supérieur à 1,6 milliard de livres, il a néanmoins l’intention de doubler ses réserves pour défaut de crédit à 1,2 milliard. Concernant les comptes 2008, la plupart des professionnels anticipent de fortes baisses de bénéfices, voire des pertes. Concernant Axa, qui publiera ses résultats jeudi, le consensus d'analystes établi par l’AFP anticipe une baisse de son bénéfice de près de 90% (à 600 millions d’euros), tandis que celui de Bloomberg est encore plus pessimiste (493 millions).

Il n’en reste pas moins que, selon les professionnels, les résultats et l’impact de la crise sont plus difficiles à prévoir dans l’assurance que dans la banque. La faute aux règles comptables IFRS sur les valorisations des portefeuilles d’actifs des assureurs. «Les compagnies vont devoir passer des dépréciations sur les moins-values au 31 décembre, alors qu'une partie a déjà été constatée dans les fonds propres. Cela relativise la signification du résultat net», estime Danny Jacques, analyste chez Raymond James.

Un exercice d’autant plus difficile que certaines compagnies (dont Axa) ne publient pas de comptes trimestriels. «Nous sommes prudents sur le secteur même si les valeurs sont bon marché, car nous avons des doutes sur la qualité des chiffres» indique un analyste. C’est pourquoi d’autres critères sont privilégiés, comme le résultant courant avant plus ou moins-values (underlying result), ou le résultat courant ajusté (adjusted result), qui exclut les gains ou pertes sur actifs financiers.

L’exercice 2009 recèle bien des interrogations. Les professionnels sont hésitants. Si les comptes 2008 sont marqués par des éléments exceptionnels, les turbulences de marché auront un impact en année pleine. Or, notent certains analystes, l’assurance vie avait bénéficié d’un bon premier semestre 2008.

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