Le marché du " quasi-fonds propre " se rouvre aux banques les plus solides

le 23/06/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après un début d’année ponctué de mauvaises nouvelles, les titres « tier one » se redressent peu à peu

Le marché primaire de la dette tier one se réveille. La semaine dernière, le Crédit Agricole est parvenu à lever 850 millions de dollars sous forme d’obligations super subordonnées perpétuelles, qu’il pourra rembourser à partir de 2014. Le britannique Standard Chartered a quant à lui levé 1,5 milliard de dollars. L’activité reprend donc alors qu’elle s’était tarie depuis la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. 

Le succès de ces opérations signale la réouverture d’un marché sur lequel les banques émettaient régulièrement afin de renforcer leurs fonds propres. Crédit Agricole procédait par exemple en moyenne à deux opérations de ce type par an. 

Pour revenir sur le marché, la banque verte a privilégié une opération en dollars. Un choix qui s’explique par la plus grande liquidité sur ce compartiment. De fait, les investisseurs de long terme y sont plus présents, notamment les fonds de pension à la recherche de placements de long terme. Le Crédit Agricole a placé ses titres offrant un coupon de 9,75 % auprès de réseaux de banques privées en Asie et en Europe. « Le marché primaire devrait reprendre une certaine vigueur, estime un analyste. Mais seules les banques qui s’en sortent le mieux et qui ne sont pas ou peu aidées par les Etats devraient réussir à lancer des émissions ». 

Sur les premiers mois de l’année, les investisseurs ont fui le segment de la dette hybride après plusieurs annonces préoccupantes. Plusieurs banques en difficulté ont décidé de différer le paiement des coupons sur ces titres. Ensuite, la Commission européenne a conditionné en mai le plan allemand d'aide à Commerzbank à la suspension du paiement des coupons sur ses dettes hybrides. Enfin, la semaine dernière, Moody’s a revu sa méthodologie. Avant la crise, l’agence de notation estimait que le soutien systématique des Etats aux banques jouerait non seulement sur les dettes seniors mais aussi les titres hybrides. Or, la décision de la Commission européenne sur Commerzbank a remis en cause cette hypothèse. Du coup, Moody’s s’apprête à dégrader les titres de certaines banques aidées.

Alors qu’il a approché les 1.600 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor en mars dernier, l’indice sur les titres cash tier one en euro établis par Calyon ressortait en fin de semaine dernière à 925 pb. Au premier semestre 2008, il évoluait sous la barre des 300 pb.

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