Les institutions de prévoyance payent un lourd tribut à la crise

le 01/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elles ont consommé l’intégralité de leurs plus-values latentes en 2008. Le résultat net du secteur a reculé de 46 %

Après les assureurs et les mutuelles, c’est au tour des institutions de prévoyance de dévoiler l’ampleur des dégâts liés à la crise financière. Et force est de constater que ces établissements n’ont pas été épargnés. Selon le rapport annuel du Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP), qui compile les résultats de 57 sociétés, le secteur a enregistré un recul de 46 % de son résultat net en 2008, passant en un an de 1,3 milliard d’euros à 720 millions d’euros.

« La crise a pesé, reconnaît Bertrand Boivin-Champeaux, directeur prévoyance et retraite supplémentaire du CTIP. Mais les institutions de prévoyance ont su, par une gestion prudente, préserver leurs équilibres techniques sur l’ensemble de leurs garanties. » Pour faire face aux risques de pertes financières, les institutions de prévoyance ont toutefois été contraintes de passer pour 740 millions d’euros de provisions fin 2008.

Mais la crise a également fortement pesé sur la valeur de leurs placements financiers. Résultat : elles ont effacé l’intégralité de leurs plus-values latentes. Soit près de 2,5 milliards d’euros partis en fumée. « Cela ne préjuge pas de la solidité des institutions de prévoyance », assure Bertrand Boivin-Champeaux. Les fonds propres des compagnies ont en effet progressé de 10 % pour atteindre environ 11,5 milliards d’euros. Quant à leur marge de solvabilité, elle est en moyenne 4,5 fois supérieure à l’exigence réglementaire.

Surtout, la crise financière n’a pas freiné leur dynamisme commercial. L’an dernier, les cotisations du secteur ont en effet progressé de 4,4 % à 11 milliards d’euros. « 2008 est une année marquée par un certain développement », a souligné Bertrand Boivin-Champeaux. C’est sans doute la seule bonne nouvelle pour le secteur.

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