La France connaît un sévère coup d'arrêt du crédit habitat

le 14/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La production de prêts immobiliers a chuté de 22% en un an. L'impact sur les prix du marché résidentiel sera important

Le crédit habitat se fait plus rare et plus cher en France. Le recul de l'immobilier est donc loin d'être terminé. Le marché ne pourra qu'en pâtir en 2009 tant au niveau des prix qu'au niveau des transactions, les uns comme les autres étant voués à fléchir nettement. 

Il se fait plus rare car fin novembre, le cumul des crédits nouveaux sur douze mois s'établissait à 114 milliards d'euros, selon le relevé de la Banque de France : une centaine de milliards pour les crédits à plus d'un an, - essentiellement les taux fixes - et le solde pour les crédits à moins d'un an - prêts à taux variable.

Il est aussi plus cher, car en un an le taux variable moyen est passé de 4,82 à 5,25%, répercutant les tensions sur les marchés interbancaires et le relèvement du taux directeur de la Banque centrale européenne de juillet 2008. Le taux moyen à plus d'un an a augmenté de 4,63 à 5,10%, insensible à la baisse des taux longs sur les marchés.

Nous assistons à «une baisse de 22% sur un an et de plus de 27% depuis le pic de novembre 2006 à 156,6 miliards d'euros», indique Cyril Blesson, directeur de la recherche économique et institutionnelle de Seeds Finance. A cela plusieurs raisons, dont la baisse de la demande solvable et le durcissement significatif des conditions d'octroi de crédit, indique l'économiste. Conséquence, il faut s'attendre à une baisse des investissements dans le neuf et des transactions dans l'ancien. Sans oublier un impact fort sur la consommation des ménages qui bénéficiait jusqu'ici des transferts de revenus des ménages acheteurs vers les ménages vendeurs.

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