Le consommateur français s'essouffle

le 23/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La production de crédit à la consommation a plongé dans le rouge au 4e trimestre 2008

Si les banquiers protestent de leur bonne volonté en matière de financement de l’économie française, un chiffre témoigne du resserrement brutal enregistré en fin d’année. La production de crédits à la consommation a chuté de 10,2% sur un an au quatrième trimestre 2008, selon l’Association française des sociétés financières (ASF), qui représente 60% de l’activité, et environ 20% du total des crédits au secteur privé. Une chute qui fait écho à celle de la demande des ménages français en fin d’année.

On mesure à quel point la faillite de Lehman Brothers, mi-septembre, a entraîné une cassure dans une économie déjà promise à la récession. L’évolution de la production de crédits à la consommation était encore positive sur les neuf premiers mois de l’année. La baisse du quatrième trimestre l’a fait entrer en territoire négatif de 2,2% par rapport à 2007, soit «la plus mauvaise performance constatée depuis 1993, année où la production s’était réduite de 3,2%», rappelle l’ASF.

Le recul est particulièrement marqué pour les prêts personnels, dont la production n’a cessé de décroître tout au long de l’année pour s’effriter de 23% au dernier trimestre 2008 et de 9,9% au total sur l’année, «une ampleur jamais atteinte sur les deux dernières décennies». Les crédits renouvelables enregistrent, eux, un recul de 0,8% pour l’ensemble de 2008.

Ces mauvais chiffres rejoignent ceux des dépenses de consommation des ménages en biens manufacturés, qui ont reculé de 0,9% en décembre et de 0,5% sur les trois mois écoulés. La prime à la casse a permis de limiter les dégâts. Cette évolution n’augure rien de bon pour le chiffre du produit intérieur brut (PIB) français au quatrième trimestre. D’autant que la détérioration du marché du travail devrait continuer à peser lors des mois qui viennent sur le consommateur, dernier rempart contre une récession prolongée. «Pour l'instant, la situation, même si elle se complique, n'est pas suffisamment dégradée pour exiger un plan de relance spécifiquement axé sur la consommation des ménages», estime toutefois Nicolas Bouzou, économiste du cabinet Asteres.

A lire aussi