BPCE va alléger ses structures

le 24/02/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe prend la main sur toutes les participations détenues par ses deux réseaux, sauf Nexity

François Pérol, le patron de BPCE, présentera demain le très attendu plan stratégique du groupe, en même temps que ses résultats 2009. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs de cession d’actifs non stratégiques alimentent la chronique. Mais l’ancien conseiller de l’Elysée devrait d'abord annoncer une simplification de l’organigramme du groupe: toutes les participations détenues par les deux holdings intermédiaires des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires, à l’exception des 41 % dans Nexity, remonteront vers l’organe central.

La holding BP Participations, détenue par les Banques Populaires, va ainsi transférer à BPCE tous ses actifs, tels que l’administrateur de biens Foncia ou MA Banque, et donc disparaître. Du côté de CE Participations, le Crédit Foncier, la Banque Palatine, le courtier Meilleurtaux ou encore le promoteur Maison France Confort devraient suivre le même chemin.

Cette réorganisation a plusieurs conséquences. Elle devrait d’abord forcer les Banques Populaires régionales à apporter un milliard d’euros dans la balance pour équilibrer leurs apports avec les Caisses d’Epargne, comme l’a révélé Le Figaro du 20 février. Ce principe de parité était à la base de la fusion des organes centraux des deux banques mutualistes au sein de BPCE en 2009. Il explique la création, il y a un an, des deux holdings intermédiaires qui ont recueilli chacune des actifs difficiles à valoriser, et qui faisaient pencher la balance du côté de l’Ecureuil.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Nexity restera dans une structure à part, contrôlée par les Caisses d'Epargne. Les titres du groupe immobilier, acquis au prix unitaire de 68 euros, seraient encore valorisés à 41 euros dans les comptes de BPCE, selon un proche du dossier. Remonter Nexity dans l’organe central aurait forcé les Banques Populaires à débourser près d’un milliard d’euros de plus.

Les transferts d’actifs, qui pourraient entraîner de nouvelles dépréciations, poussent aussi à son terme la logique du rapprochement entre les deux banques mutualistes. Les 17 Caisses d’Epargne et les 20 Banques Populaires contrôlaient leurs holdings de participation et gardaient donc encore la main sur les actifs qui y étaient logés. «Pour les dirigeants régionaux, il s’agit d’un nouveau transfert de pouvoir au bénéfice de François Pérol», estime un bon connaisseur du groupe.

Mais cette réorganisation ne préjuge pas du caractère stratégique de tel ou tel actif. Nexity, par exemple, n’a pas plus de raisons de rester dans le groupe que Foncia. Et si l’ensemble de ces participations sont potentiellement cessibles, BPCE n’a aucun intérêt à paraître vouloir vendre dans l’urgence. D’où les démentis réguliers du groupe dès qu’un actif (Foncia, Société marseillaise de crédit, Coface, etc.) passe pour être sur le marché.

L’équation financière, en revanche, est inamovible. Le groupe doit rembourser 6,3 milliards d’euros à l’Etat, pour partie en 2010. La vraie échéance semble plutôt être celle de l'après-2012, quand les nouvelles normes de solvabilité Bâle 3 s’appliqueront aux banques. Or BPCE, malgré un ratio tier one de 8,8% à fin septembre, paraît moins solide que ses concurrents français à cause de la forte proportion de titres hybrides dans ses fonds propres. Il faudra donc vendre : une cession de Foncia, par exemple, pourrait libérer plus d’un milliard de fonds propres réglementaires.

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