BPCE soutient Natixis à moindre coût

le 27/08/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'opération est neutre pour le nouveau groupe, qui affiche une perte nette au premier semestre

Pour ses premiers résultats trimestriels, BPCE, issu de la fusion des organes centraux des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, a dévoilé son plan de garantie pour les actifs à risques de sa banque de gros Natixis. Un préalable indispensable à la marche en avant du nouveau géant bancaire français. Le plan concerne la quasi-intégralité de la structure GAPC (gestion active des portefeuilles cantonnés), soit 30,9 milliards, sur une valeur nette comptable totale de 34,4 millions d’euros au 30 juin 2009.

BPCE couvrira 85 % des risques des actifs du périmètre, Natixis restant exposé à hauteur de 15 % aux pertes éventuelles constatées par rapport à fin juin. Une aubaine pour Natixis. « Cela signifie que pour que Natixis perde 10 % – ce qui est notre hypothèse de base –, il faudrait que les actifs sous-jacents aient perdu 66 % de leur valeur », expliquent les analystes de Credit Suisse.

Pour les actifs comptabilisés à la juste valeur issus du portefeuille de trading (soit 24,1 milliards nets), Natixis devra payer 481 millions d’euros à BPCE, pour un impact comptable d’environ 50 millions la première année ; mais ce mécanisme est assorti d’une option permettant à la banque de gros de bénéficier d’un retour à meilleur fortune. De même, concernant les actifs de GAPC issus du portefeuille de prêts et créances, la prime de 1,03 milliard sera amortie sur plusieurs années par les provisions déjà constituées chez Natixis sur ces produits (1,1 milliard).

Cette solution interne a plusieurs avantages. Pour Natixis, elle réduit ses risques pondérés de 17 milliards d’euros et augmentera ses fonds propres durs (core tier one) de 770 millions, soit 176 points de base. Le ratio devrait s’établir à 8,3 %. Le mécanisme préserve également l’intérêt des actionnaires et évite du même coup de consulter Bruxelles, puisque BPCE n’a pas eu recours à l’Etat.

De son côté, BPCE renforce sa filiale à peu de frais. L’opération n’aura pas d’impact comptable initial sur le résultat. « BPCE portait déjà 71 % des résultats de Natixis. Le groupe serait exposé à 96 % des pertes éventuelles futures au lieu de 71 % », indique François Pérol, président du directoire de BPCE. En termes prudentiels, « les instruments mis en place constituent des opérations internes, qui seront éliminées en consolidation, et les encours pondérés de la GAPC sont déjà consolidés à 100 % par le groupe ». Le ratio tier one ressort à 8,6 % au 30 juin.

Désormais, BPCE va pouvoir se consacrer à son développement. Il était temps, tant le premier semestre a été difficile : ses pôles métiers – banque de proximité, Natixis et immobilier – affichent un résultat net en baisse de 53 % à 567 millions d’euros ; l’effet des activités en gestion extinctive (GAPC et Caisse d’Epargne Participations, la gestion pour compte propre de l’ex-CNCE) a provoqué in fine une perte de 757 millions d’euros (voir tableau). Les équipes vont maintenant identifier les synergies entre les trois pôles. Les travaux seront présentés au personnel en novembre et leurs conclusions appliquées au 1er semestre 2010. François Pérol pense que BPCE pourra commencer à rembourser les aides de l’Etat fin 2010. Concernant les bonus, la banque prévoit de provisionner un peu moins de 100 millions d’euros en 2009.

A lire aussi