BPCE se laisse le temps du redressement

le 26/02/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le plan stratégique 2013 de la banque ne tient pas compte d'inévitables cessions d'actifs

BPCE se donne du temps. Le groupe issu du rapprochement des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne se laisse jusqu’à 2013 pour rembourser les 6,3 milliards d’euros de fonds propres qu’il doit encore à l’Etat. Son plan stratégique, qui vise à abaisser de 11 points le coefficient d’exploitation entre 2009 et 2013 et à doubler la rentabilité, a surtout été construit en excluant tout produit de cession d’actifs non stratégiques. «Les cessions ne sont pas nécessaires pour rembourser l’Etat», assure le patron de BPCE, François Pérol.

En bon banquier d’affaires, François Pérol veut en fait éviter de négocier en position difficile en ayant l’air pressé de vendre. Une erreur qu’avait commise Natixis fin 2008 avec sa filiale d’assurance. C’est pourquoi BPCE n’a annoncé hier aucun projet de cession, hormis une réflexion sur Coface. L’organe central se borne à absorber toutes les participations détenues par les holdings intermédiaires des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires (hormis les 41% de Nexity), comme L’Agefi l’écrivait mercredi. Au passage, le groupe a déprécié près de 300 millions d’euros d’écarts d’acquisition au second semestre, après un milliard au premier semestre.

Pour autant, personne n’est dupe. Les actifs immobiliers (Foncia, Nexity ou Eurosic, mais pas le Crédit Foncier) seront désormais gérés comme des participations financières. «Participations financières ne veut pas dire vendre tout de suite», précise François Pérol.

Mais BPCE vendra si l’occasion s'en présente avant 2013. Même s'il mise sur ses résultats futurs et peut céder des parts sociales dans ses réseaux, le groupe doit rembourser les pouvoirs publics le plus vite possible. Les 6,3 milliards de titres détenus par l’Etat lui coûtent entre 8 et 9%, soit plus de 500 millions à l’année.

En quatre ans, BPCE veut aussi porter de 7% à plus de 8% son ratio de fonds propres durs (core tier one), avant même la prise en compte des nouvelles normes Bâle 3. Sur la base de ses 412 milliards d’actifs pondérés à fin 2009, il lui faudrait donc dégager plus de 4 milliards d’euros de fonds propres supplémentaires. L’objectif de 8% peut cependant être atteint en substituant du capital pur à ses fonds propres hybrides.

Sans les cessions d’actifs, les objectifs du groupe se fondent en outre sur des objectifs de synergies volontaristes. Un défi pour Olivier Klein, nommé seul patron de la banque commerciale chez BPCE, et Philippe Queuille, en charge des opérations et de l’organe central, et qui entre lui aussi au directoire.

La meilleure intégration de Natixis aux réseaux Caisses d’Epargne et Banques Populaires doit par exemple rapporter 810 millions de produit net bancaire (PNB) additionnel à partir de 2013. «Les synergies de revenus sont toujours difficiles à évaluer, d’autant qu’on n’a aucune visibilité sur ce qui se passe dans les réseaux», souligne un analyste. Cela fait dix ans, par exemple, que le Crédit Foncier est censé être en «synergie» avec l’Ecureuil.

Le plan est plus précis du côté des réductions de coûts. Le réseau des Caisses d’Epargne supportera à lui seul 35% du milliard d’euros d’économies prévues en 2013. Il devra réduire de 7 points son coefficient d’exploitation, aujourd’hui à 74%. En interne, des rumeurs évoquent déjà de nouvelles fusions, qui réduiraient de 17 à 12 ou 13 le nombre de Caisses d’Epargne.

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