BPCE reste la seule banque redevable à l'Etat

le 15/10/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle a placé hier 750 millions de titres. Le Crédit Agricole remboursera trois milliards le 27 octobre

Début novembre, il ne restera plus qu’une seule banque française à n’avoir pas intégralement remboursé le soutien en capital reçu de l’Etat : BPCE. Le groupe Banques Populaires - Caisses d’Epargne est du moins sur la bonne voie, puisqu’il a placé hier 750 millions d’euros de titres hybrides à 9,25 %. Une recette qui a permis le même jour au Crédit Agricole d’annoncer le remboursement complet le 27 octobre prochain des 3 milliards d’euros souscrits par la Société de prise de participations de l’Etat (SPPE).

La banque verte n’avait guère le choix. Après les augmentations de capital lancées en l’espace de quelques jours par BNP Paribas et la Société Générale, le remboursement discret effectué par le Crédit Mutuel, et l’annonce du placement BPCE lundi, le groupe commençait à faire figure de retardataire. Or il a toujours expliqué qu’il n’avait pas vraiment besoin de l’aide publique.

Les banques françaises ont cependant choisi des stratégies différentes pour financer l’opération. En termes de niveaux absolus, d’abord : si la plupart des établissements se sont contentés de lever ce qu’ils devaient, la Société Générale s’est distinguée en allant au-delà. Une manière d’anticiper le renforcement des exigences réglementaires en fonds propres qui va s’imposer aux banques. Le groupe se cale ainsi sur l’objectif d’un ratio de fonds propres durs (core tier one) de 8 %, pris comme référence par la plupart des analystes.

Mais ce point fait débat, aussi bien parmi les banques que chez les investisseurs. «Il est important de ne pas sur-accumuler du capital», a plaidé Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, pour justifier un ratio core tier one de 7,1 % après l’augmentation de capital de 4,3 milliards d’euros qui s’est achevée mardi.

Les stratégies choisies pour rembourser la SPPE ont aussi des effets sur la qualité du capital. En optant pour une émission d’actions, qui remplaceront les titres super subordonnés (TSS) ou les actions de préférence de l’Etat, la Société Générale et BNP Paribas ont diminué la part hybride de leurs fonds propres tier one. Un bon point, d’autant que le Comité de Bâle devrait limiter davantage à l’avenir le recours au capital hybride.

Crédit Agricole SA, qui a déjà mis à contribution ses actionnaires à l’été 2008, substitue en revanche des TSS à d’autres titres subordonnés. «On aurait préféré une augmentation de capital qui aurait apporté des fonds propres de meilleure qualité mais le choix stratégique de la banque n'impacte ni la qualité de son crédit, ni sa solidité», a indiqué Sébastien Barthélémi, analyste crédit chez Louis Capital Markets.

Pour l’Etat, le résultat est le même. En rémunération de son soutien, il aura touché environ un milliard d’euros, selon nos calculs, un montant duquel il faut retrancher ses coûts de financement et le manque à gagner lié à la déductibilité des coupons de TSS. Surtout, plus de 13 milliards d’euros rentreront dans ses caisses en l’espace d’un mois. Le programme d’émission de l’Agence France Trésor en 2010 – qui ne fait pas de commentaires – devrait donc être revu en baisse. «Il devrait y avoir un impact sur le programme de BTF, car ce dernier a servi à financer la SPPE à court terme», estime un stratégiste taux.

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