Les banques françaises en berne en 2009

le 06/01/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Il ne faut pas attendre d'embellie à court terme, en dépit de valorisations jugées basses

Le secteur bancaire n’a pas la cote, c’est le cas de le dire. Les valeurs françaises n’échappent pas à la règle. Même BNP Paribas, qui avait bénéficié d’une «prime» jusqu’en novembre dernier, au motif que son modèle de développement était plus résistant à la crise, n’a finalement pas échappé à la curée sur les marchés (voir graphique). Pourtant, les professionnels de marché admettent que les niveaux de valorisation actuels des établissements français ne sont pas justifiés au regard de leurs fondamentaux.

Malgré tout, analystes et gérants sont réservés sur les perspectives de redressement du secteur jusqu’en septembre. En effet, l’activité devrait encore souffrir une bonne partie de l’année; en outre, les risques n’ont pas été totalement évacués par les dépréciations d’actifs et les provisions passées au cours du second semestre 2008.

La banque de financement et d’investissement (BFI) a été la plus durement touchée par la crise du crédit. Les revenus ont fortement baissé en 2008 et les établissements français afficheront des pertes dans ces activités sur l’exercice. Les dérivés, le prêt aux hedge funds et le trading pour compte propre sont en régression alors qu’ils avaient grandement contribué à la croissance de leurs revenus. Calyon (le pôle BFI du Crédit Agricole), Natixis et, plus récemment, BNP Paribas ont annoncé des mesures d’ajustement de base des coûts et une baisse des capitaux alloués à ces activités. «Si cela aura pour effet de rétablir les coefficients d’exploitation, les revenus seront nécessairement amputés», estime un analyste. «Il sera difficile pour les BFI de vendre des produits à forte marge avant trois, quatre ans», poursuit Pierre-Alexis Dumont, gérant actions européennes chez OFI Asset Management. Les anticipations de baisse des revenus vont de 20% à 30%.

L’autre inquiétude concerne l’augmentation probable du coût du risque. «Il devrait continuer à progresser de 10 à 15 points de base en 2009 et 2010, alors qu’il atteignait en moyenne 62 en 2008, contre 57 en 2007, car l’on peut anticiper des difficultés sur le crédit à la consommation et, dans une moindre mesure, sur l’immobilier et le crédit aux entreprises», estime Arielle Levi, gérante actions européennes chez CCR Actions. «Nous anticipons un coût du risque de 110 pb en 2009, voire davantage selon l’ampleur des provisions à venir. C’est un scénario plus sévère que pendant la crise de 2001-2003, lorsque le coût moyen avait atteint 90 pb», avance un analyste.

Pourtant, tout n’est pas noir. L’environnement de baisse des taux courts est favorable aux banques. «L’activité de transformation [prêter à long terme l’épargne de court terme] sera lucrative pour les banques, étant donné la pentification de la courbe des taux. Ce qui est un élément positif pour leurs revenus», prévoit Arielle Levi. Parallèlement, les banques ne devraient pas répercuter la baisse des taux, préférant restaurer leurs marges, d’autant que la disparition de grands leaders européens devrait réduire à terme la pression concurrentielle. Dans les activités de détail précisément, les banques françaises sont moins exposées aux créances non performantes, notamment sur les financements immobiliers.

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