Les assureurs sont confrontés à la fonte de leurs plus-values latentes

le 06/07/2009 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La solvabilité du secteur en France reste sécurisée avec une marge de 180 % à fin 2008, selon les chiffres de l’Acam

Conséquence de la crise, les plus-values latentes des assureurs français, qui constituent le « matelas de sécurité » du secteur, ont fortement fondu en 2008, passant à 5,6 milliards d’euros, contre 110 milliards à fin 2007. Si dans l’immobilier, ces plus-values se sont relativement maintenues l’année passée avec un taux de 50 %, la partie « actions » a présenté des moins-values latentes (taux de 4,5 %). « On observe de manière très significative une fuite vers la qualité dans les comptes des assureurs », a souligné vendredi Pierre-Jean Vouette, directeur de la surveillance du marché de l’Acam (Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles), à l’occasion d’une conférence de presse. Cette tendance se reflète clairement dans les obligations, celles d’Etat affichant un taux de plus-values de 4,9 % alors que celles d’entreprises présentent à l’inverse un taux de moins-values de 4,9 %.

Selon le rapport d’activité annuel de l’Acam, la solvabilité de la profession reste sécurisée avec une marge couverte à 180 % par les fonds propres à fin 2008. Les marges de solvabilité en assurance vie et non vie s’élèvent à 147 % et 320 %, contre 446 % et 340 % pour les instituts de prévoyance et les mutuelles.

En 2008, le marché français a reculé de 4 % à 243,7 milliards d’euros (+6 % en dommages et -10 % en vie). Pour 2009, « nous prévoyons une activité globale en hausse, marquée notamment par une moindre concurrence des formes d’épargne court terme (livret A) et une augmentation des affaires nouvelles en épargne (en euros) », a indiqué Pierre-Jean Vouette. L'Acam a cependant appelé les assureurs à plus de discipline en matière de taux garantis sur les contrats en euros, dont elle juge le niveau parfois trop élevé.

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