Les assureurs européens se révèlent plutôt bien armés face à la crise

le 30/06/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Selon le rapport semestriel du Ceiops, la plupart des acteurs du secteur disposent d’une marge de solvabilité suffisante pour traverser la récession

Dans le sillage de la reprise des marchés financiers, ayant permis la récupération de plus-values, la solidité financière des assureurs européens s’est améliorée en 2009. Selon le rapport semestriel de stabilité financière du Ceiops (Committee of European Insurance and Occupational Pensions Supervisors) dévoilé mardi, la marge de solvabilité de la plupart des acteurs du secteur offre une capacité d’absorption des chocs suffisante pour leur permette de traverser la période de récession actuelle. De 178% en 2008, le ratio de solvabilité des assureurs européens a ainsi été porté à 194% en 2009, selon les données du Ceiops, basées sur un échantillon de 26 importants acteurs du secteur.

La rentabilité des assureurs européens s’est également améliorée. Le rendement des capitaux du secteur sur leurs activités d’assurance vie et non vie est passé de 10,9% à 13,3% en 2009. Le rendement des actifs, qui avait fortement chuté dans l’assurance vie en 2008, a progressé à 1,1%, contre 0,9% en 2008. «L’ensemble des bénéfices des principaux assureurs a crû d’un tiers en 2009», souligne le Ceiops.

Le secteur de l’assurance doit néanmoins faire face à plusieurs risques, les plus importants étant les risques financiers, avertit le Ceiops. Le comité européen met notamment l’accent sur le risque de faiblesse, voire de nouveau recul, des taux d’intérêt, ainsi que sur les risques liés à la chute des marchés actions et à la volatilité des spreads de crédit ou des produits obligataires. «Une période de récession économique prolongée serait particulièrement difficile pour les performances de souscription», estime le Ceiops.

La reprise des marchés, particulièrement après le troisième trimestre 2009, a également bénéficié aux fonds de pension, qui ont pu enregistrer des rendements relativement élevés. L’impact de la crise financière s’est révélé relativement moins grave pour ces acteurs que pour d’autres pans du secteur financier, grâce à la protection offerte par l’horizon de long terme des investissements et à l’absence de problèmes de liquidité, souligne le Ceiops. Pour autant, «la crise a affecté les fonds de pension dans leur rôle d’investisseurs institutionnels et a eu un impact significatif sur la confiance du consommateur», relève le rapport de stabilité financière.

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