Nippon Life mise en priorité sur son marché local pour se développer

le 14/09/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’assureur vie, qui rachète Mitsui Life, adopte une approche différente de celle de ses principaux concurrents japonais.

Les assureurs japonais ont faim de croissance externe. Si le développement à l’étranger figure en tête de liste de leurs priorités, avec les récentes offres sur Brit et Amlin, ils n’en oublient pas leur marché domestique. Nippon Life vient ainsi de confirmer le rachat de son rival Mitsui Life. L’offre sera lancée début octobre et portera sur 85% du capital, un groupe de cinq société appartenant à la galaxie Mitsui devant conserver des intérêts minoritaires. Le prix de la transaction ne sera connu qu’après une revue complète des actifs.

Le nouvel ensemble, non coté, deviendra un poids lourd de l’assurance vie au Japon. Sur le dernier exercice annuel clos fin mars 2014, il aurait récolté près de 6.000 milliards de yens de primes d’assurance, contre presque 5.500 milliards de yens pour Dai-ichi Life. Pour le président de Nippon Life, Yoshinobu Tsutsui, «il y a encore beaucoup de potentiel sur le marché domestique. Nous avons décidé d’établir en premier des fondations solides sur notre marché local».

Avec une distribution dominée par les représentants commerciaux (à 44%, hors Japan Post Insurance) et la bancassurance (30%), le nouvel acteur entend continuer à servir la clientèle via son canal de ventes en porte-à-porte. Une spécificité qui a démontré tout son intérêt lors du grand séisme de 2011. A eux deux, Nippon Life et Mitsui Life comptent plus de 55.000 représentants commerciaux. Quant à la bancassurance, le réseau du conglomérat Mitsui apportera des débouchés supplémentaires.

Dans un deuxième temps, Nippon Life et Mitsui Life, dont les deux marques vont coexister, se tourneront donc vers l’étranger. Depuis 2014, 27 milliards de dollars ont été dépensés pour des opérations de ce type par des assureurs nippons, souligne CreditSights. Avec des montants jugés «généreux» et réglés essentiellement en numéraire. Un mouvement qui traduit la volonté de diversifier les risques, au-delà d’un marché domestique concurrentiel et soumis à de fortes pressions démographiques.

CreditSights voit d’ailleurs l’assureur Sompo acquérir à court ou moyen terme le réassureur français Scor (dont il détient déjà presque 8% du capital avec l’intention de monter à 15%). Une opération qui ferait, selon le bureau de recherche, sens pour les deux acteurs.

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