Les écarts se creusent entre BFI américaines

le 21/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les purs acteurs comme Morgan Stanley et Goldman Sachs ont mieux tiré leur épingle du jeu.

Morgan Stanley a enregistré un bénéfice net en hausse de 59% au premier trimestre 2015. Photo Bloomberg.

Attendue par la plupart des analystes, l’embellie des conditions de marché a été bénéfique à la plupart des BFI américaines au premier trimestre. Dernière banque à publier ses comptes, Morgan Stanley n’a pas dérogé à la règle en enregistrant un bénéfice net en hausse de 59%, à 2,4 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros), porté par les revenus issus du trading d’actions (+33% à 2,3 milliards). Entre spécialistes et banques universelles, la performance financière des BFI demeure néanmoins inégale.

Egalement soutenue par les revenus FICC (obligataire, changes et matières premières), en hausse de 15% à 1,9 milliard de dollars, l’activité dynamique du pôle «Institutional Securities» de Morgan Stanley a permis à la rentabilité sur capitaux propres (RoE) de la division de grimper de 12% à 19%, soit un niveau identique à celui du département de gestion d’actifs du groupe.

«Morgan Stanley doit davantage réduire sa relativement faible division FICC pour réussir à augmenter le retour de capital aux actionnaires, mais cela ne semble pas dans les plans du management», analysent pourtant les experts de Société Générale en commentant le RoE du groupe, ressorti à 10,1% hors ajustements sur la dette propre.

Alors que la question d’une scission de la BFI et de la banque de détail pour prendre en compte l’évolution des contraintes en capital agite les observateurs du secteur, notamment dans le cas de Deutsche Bank, Goldman Sachs fait figure d’exception. La banque américaine, qui reste l’un des rares pure players de la BFI à l’instar de Morgan Stanley (hormis sa division de gestion d’actifs), a en effet enregistré au dernier trimestre son meilleur bénéfice trimestriel en cinq ans, avec 2,75 milliards de dollars.

«Dans le trading, les résultats de Goldman Sachs sont allés dans le même sens que la plupart de ses concurrents mais la performance a été plus importante», soulignent les experts de CreditSights. «L’environnement pendant le premier trimestre s’est révélé nettement plus favorable qu’au troisième trimestre, (…) les niveaux plus élevés de volatilité [contribuant] à un niveau d’activité des clients plus élevé, en particulier sur les produits de taux et de devises», ajoutent-ils. Le trading d’actions a également été très bien orienté, avec une hausse de 46% sur un an, à 2,3 milliards de dollars.

Avec un RoE global ressorti à 14,7% au premier trimestre, contre 10,9% un an plus tôt, Goldman Sachs reste devant ses consœurs américaines. Grâce à un trimestre dynamique notamment dans le trading d’actions (+22% à 1,6 milliard de dollars), son premier poursuivant, JPMorgan, a affiché au premier trimestre un RoE de 14%, en amélioration d’un point de pourcentage sur un an. Suivent ensuite Morgan Stanley (10,1%), Citigroup (9,4%) et Bank of America (5,3%).

A l’opposé de Goldman Sachs sur le spectre bancaire, Bank of America demeure présente dans quatre lignes de métier aux performances très dispersées. Alors que sa banque de détail a engrangé un RoE de 21% au premier trimestre, légèrement inférieur à celui enregistré dans la gestion d’actifs (22%), ses activités de banque de financement ont elle enregistré un RoE de 16%, contre seulement 11% pour les activités de trading.

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