Le secteur allemand de l’assurance vie est menacé par le bas niveau des taux

le 14/04/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les provisions visant à prendre en compte la faiblesse des retours sur investissement pourraient grimper de 22 à 60 milliards d’euros selon Natixis.

Le secteur allemand de l’assurance vie est menacé par le bas niveau des taux

La faiblesse des taux d’intérêt pourrait coûter cher aux assureurs-vie allemands. Particulièrement marquée outre-Rhin, où le taux à 10 ans stationnait à seulement 0,16% ce lundi, cette configuration pourrait en effet conduire le secteur à multiplier d’ici à 2020 de 3,5 à 8,8 fois la provision spécifique visant à prendre en compte le décalage entre rendements anémiques et taux garantis élevés, estime Natixis dans une étude.

«Nous n’anticipons pas de pertes relatives aux taux garantis en Allemagne pour les grands assureurs (Allianz, Generali, Axa et Munich Re, ndlr)», précise l’étude, qui rappelle qu’Allianz a augmenté fin 2014 son ratio de distribution de dividendes de 40% à 50%. «La situation nous semble, en revanche, plus problématique pour un certain nombre d’acteurs plus petits, qui ont moins de réserves et qui souffrent d’un écart de duration actif-passif important», conclut-elle.

Selon les normes allemandes, les filiales d’assurance-vie sont tenues depuis 2011 de constituer une provision spécifique (la ZZR). Calculée par génération de contrats, la ZZR est constituée en capitalisant l’écart entre la moyenne mensuelle du taux swap à 10 ans de la zone euro et le niveau des taux garantis, dispositif fréquent outre-Rhin. Malgré la réduction progressive de ces taux garantis, fixés depuis janvier à 1,25% sur les affaires nouvelles, l’effet stock et l’accélération de la baisse des taux a conduit à un gonflement de la ZZR. Celle-ci est passée de 1,5 milliard d’euros fin 2011 à 13,5 milliards en 2013, puis environ 22 milliards fin 2014.

Dans son étude, Natixis s’intéresse en particulier aux conséquences de quatre scénarios sur la ZZR cumulée d’Allianz, de Generali, d’Axa et de Munich Re, qui totalisaient 39% de la provision globale en 2013. Dans le scénario 3 privilégié par la banque, celui d’une remontée des taux à partir de 2016 qui irait en s’accélérant, leur ZZR passerait à 31 milliards d’euros en 2020. En cas de stabilité des taux, elle culminerait en revanche à 60,5 milliards.

Pour contrer cette ponction, les assureurs allemands peuvent pour l’heure compter sur plusieurs leviers. «L’augmentation de la ZZR peut être financée au travers de la réalisation des plus-values latentes sur investissements», note en particulier Natixis. Dans un scénario de taux stables, Generali devrait néanmoins allouer d’ici à 2020 environ 80% de ses réserves pour provisionner sa ZZR.

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