JPMorgan baisse les objectifs de sa banque d’investissement

le 25/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le géant de Wall Street vise un RoE de 13% en 2017 et réduit ses coûts. Il cherche à répondre au mieux de ses intérêts aux exigences réglementaires en fonds propres.

La plus grande banque d’investissement au monde n’est peut-être plus ce qu’elle était. JPMorgan a annoncé mardi, lors de sa journée de présentation annuelle aux investisseurs, qu’elle baissait l’objectif de rentabilité sur fonds propres de sa banque d’investissement, ainsi qu’une série de mesures de réduction de coûts destinées à faire face aux exigences réglementaires.

JPMorgan vise désormais pour sa division un retour sur fonds propres (RoE) de 13% en 2017, contre 15% auparavant. Les deux points de différence sont attribués aux exigences accrues de détention de capital. Le RoE de la première banque américaine en termes d’actifs a fortement baissé en 2014, passant de 17,2% fin 2013 à 13% un an plus tard. Il était de 17% en moyenne sur les quatre dernières années. La division de banque d’investissement de JPMorgan attend désormais un ratio CET1 de 12,5% en 2017, contre 10,5%, réduisant ainsi mécaniquement sa rentabilité.

Le géant de Wall Street annonce aussi 2,8 milliards de dollars de réduction des coûts dans sa banque d’investissement d’ici 2017, excluant les frais juridiques, accompagnés d’une simplification de son activité.

Au total, la banque américaine a annoncé mardi envisager une réduction de coûts de près de 5 milliards de dollars d’ici à 2017, soit 1,4 milliard par an. 57 milliards de dollars de dépenses devraient être réalisées chaque année, contre 58,4 milliards auparavant. Deux milliards d’économies sont également attendues en banque de détail avec la fermeture de 300 agences d’ici 2017.

Dans le cadre de nouvelles règles édictées par la Réserve fédérale (Fed) fin 2014 concernant les niveaux de capitalisation des banques de taille systémique, JPMorgan pourrait avoir besoin de plus de 20 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires d’ici à 2019. Les dirigeants de la banque prévoient par ailleurs de réduire de 100 milliards d’euros les dépôts considérés comme «non opérationnels» de certains clients en 2015, afin de limiter la taille du bilan du groupe, qui lui vaut ensuite une surcharge en capital. Il s’agit de hedge funds ou de clients institutionnels dont les dépôts pourraient être taxés, orientés vers d’autres produits voire vers d’autres établissements.

Lundi, un autre acteur systémique, HSBC, a également réduit son objectif de RoE, à l'échelon du groupe, le faisant passer de 12 à 15% auparavant à «plus de 10%».

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