Standard Chartered arrête ses activités cash actions

le 09/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque britannique annonce des mesures pour redresser la barre et recentre sa banque de détail au prix de la suppression de 2.000 postes supplémentaires

La banque britannique Standard Chartered a annoncé jeudi sortir à son tour du cash actions, au nom de la fermeture ou de la reconfiguration de ses activités non stratégiques et sous-performantes. Plusieurs banques dont RBS, le Crédit Agricole ou UniCredit ont déjà quitté cette activité difficilement rentable.

La fermeture immédiate de ses activités de courtage, recherche et souscription dans les actions, déficitaires, se traduit pour Standard Chartered par la suppression de 200 postes, pour la plupart en Asie, où le groupe réalise la majeure partie de ses activités. Elle doit permettre 100 millions de dollars d’économies en 2016 alors que la banque a vu la valeur de son action chuter de 40% depuis deux ans, dans le contexte du ralentissement des économies émergentes.

«Nous allons maintenant nous concentrer sur la poursuite de la réduction des coûts en 2016 et au-delà, et nous continuons à créer de la capacité d’investissement dans les métiers cœurs du groupe» a assuré Peter Sands, directeur général du groupe, pressé par les actionnaires de rétablir sa profitabilité.

Standard Chartered a vu son bénéfice d’exploitation reculer de 16% au troisième trimestre 2014, à 1,26 milliard d’euros. La banque a été dégradée par l’agence Standard & Poor’s en novembre pour la première fois en vingt ans, après trois avertissements sur résultats dus à une augmentation de ses créances douteuses.

Son plan de réduction des coûts de 400 millions de dollars prévu pour 2015 serait en bonne marche. 200 millions d’économies concernent la banque de détail, et Standard Chartered a également annoncé jeudi la suppression de 4.000 emplois dans cette activité à horizon fin 2015, 2.000 suppressions de postes ayant déjà été annoncées et en partie réalisées et 2.000 nouvelles étant prévues cette année. Le groupe entend concentrer ses activités sur des villes clés et accélérer le passage au numérique. D’autres banques comme Citigroup ou HSBC ont drastiquement réduit la présence géographique de leur banque de détail en quittant des pays non jugés non stratégiques.

«C’est un bon début mais cela ne résout pas vraiment les problèmes structurels de profitabilité ou de fonds propres», estime Chirantan Barua, analyste chez Sanford C. Bernstein, à propos de l’arrêt des activités actions. Plusieurs analystes considèrent que les mesures annoncées sont encore insuffisantes. Le titre gagnait +0,93% jeudi à la clôture.

A lire aussi