Banques et assureurs mutualistes sont appelés à moderniser leur gouvernance

le 08/01/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Un rapport cosigné Thierry Martel formule 17 propositions préconisant notamment de faciliter le renforcement des fonds propres des assureurs.

En France, le mutualisme domine le marché de la banque de détail (67% des encours de dépôts et 71% des crédits aux particuliers) et celui de l’assurance des biens et des personnes. Ce modèle historique, même s’il est performant économiquement (les mutualistes ont généré plus de 2/3 de la rentabilité d’exploitation des établissements en 2012), pourrait être réformé en vue d’en «pérenniser l’efficacité» selon un rapport de l’Institut Montaigne.

Le think tank indépendant d’inspi-ration libérale présidé par Claude Bébéar, formule 17 propositions pour adapter le mutualisme aux évolutions des comportements des clients, consuméristes et internautes, aux pressions sur les modèles économiques, et au renforcement des exigences réglementaires européennes.

Le texte a été rédigé par deux hommes du sérail, un assureur, Thierry Martel, directeur général de Groupama, réélu président de la Fédération française des sociétés d’assurance mutuelles en décembre, et un banquier, Michel Mathieu, directeur général délégué de Crédit Agricole SA.

Outre le fait de mieux valoriser et faire connaître leurs spécificités, le rapport invite les mutualistes à «se doter des outils financiers et juridiques afin de permettre le renforcement des fonds propres», notamment, pour les assurances, à «faire accepter l’endettement externe comme une possibilité de refinancement normale».

Une proposition phare concerne la modernisation de la gouvernance vers davantage de professionnalisation, alors que 2015 va être de fait une année de changements dans les groupes français. Il s’agit ainsi de généraliser des parcours de formation pour les administrateurs élus par les sociétaires ou leurs délégués, en particulier sur les nouvelles règlementations, afin de les associer pleinement aux décisions. Mais aussi de veiller à ce que les conseils des groupes mutualistes se dotent des processus et moyens permettant «le renouvellement régulier et transparent des membres», par des limites d’âge ou du nombre de mandats par exemple.

Le texte invite aussi à améliorer la participation des membres à la vie mutualiste et aux assemblées générales. En leur permettant notamment d’y assister à distance avec les outils numériques.

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