Aviva renforce son ancrage britannique avec Friends Life

le 03/12/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’assureur a trouvé un accord pour acquérir son rival pour 5,6 milliards de livres. L’opération doit lui permettre d'augmenter son dividende.

Dix jours après avoir annoncé son projet de rachat en actions de Friends Life Group, Aviva a officialisé mardi son offre pour environ 5,6 milliards de livres (7,1 milliards d’euros). Les deux assureurs britanniques ont conclu un accord sur la base de 0,74 action Aviva par titre Friends Life, soit une prime de 15 % sur le cours de Friends Life au 20 novembre, avant l’annonce de l’accord, et de 27 % sur son cours moyen des trois derniers mois. Les actionnaires de Friends Life devraient détenir environ 26 % du capital du nouvel ensemble une fois la transaction finalisée.

Ce rachat, qui scelle la plus grosse opération dans le secteur outre-Manche depuis quinze ans, doit permettre à Aviva de dégager 225 millions de livres d’économies de coûts par an jusqu’à fin de 2017, et 1,8 milliard de synergies. Il doit inévitablement entraîner des suppressions de postes, selon Mark Wilson, directeur général du groupe. 2.000 postes pourraient être concernés selon le Guardian, alors qu’Aviva emploie 12.000 personnes et Friends Life 3.500.

«L’opération nous permet de consolider nos positions sur notre marché domestique», estime Mark Wilson. Le groupe va diversifier ses activités alors que la réforme des retraites annoncée en mars pèse sur le secteur. Aviva devient le plus gros assureur outre-Manche avec 16 millions de clients, dont les 5 millions de Friends Life. Le rachat lui apporte 70 milliards de livres d’actifs sous gestion, portant à 309 milliards le montant de ses encours.

La fusion doit permettre de dégager 600 millions de livres de cash flow supplémentaire par an et de proposer un dividende en hausse de 30% cette année. «Cette acquisition est totalement cohérente avec notre stratégie », assure Mark Wilson. «Elle pose des questions à long terme sur la croissance une fois que les synergies initiales seront tirées», tempèrent les analystes de Credit Suisse.

Certains analystes considèrent qu’elle renforce trop le caractère national d’Aviva voire masque une augmentation de capital. «Nous ne prévoyons pas de grandes expansions géographiques», répond Mark Wilson, satisfait de la présence du groupe sur les marchés en croissance que sont la Turquie, la Pologne, la Chine et l’Asie du Sud-Est. Alors que le titre Aviva avait chuté de 5,38% à Londres à l’annonce du projet le 24 novembre, il a gagné jusqu'à 3,22% en séance.

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