Le secteur bancaire russe a souffert au troisième trimestre

le 27/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Moins affectée que VTB, Sberbank a accusé une baisse de ses profits de 24% au troisième trimestre. Les activités de la Société Générale sont également touchées.

Les sanctions occidentales envers la Russie et la dégradation de la conjoncture liées à la crise ukrainienne pèsent sur le secteur bancaire russe. Alors que la banque étatique VTB avait indiqué la semaine dernière avoir vu ses profits fondre de 98% au troisième trimestre, sa consœur Sberbank, le premier prêteur russe, a publié ce mercredi un bénéfice net en baisse de 24% à 70,9 milliards de roubles (1,22 milliard d'euros). «L’année prochaine sera autant voire plus difficile que l’exercice en cours», s’est inquiété Alexander Morozov, le directeur financier de Sberbank.

Principal symptôme de la dégradation de la conjoncture russe, qui s’est accélérée avec la baisse des prix du pétrole, Sberbank a dû plus que doubler ses provisions pour pertes sur prêts à 104,5 milliards de roubles. Ces dotations, qui ont plus que compensé la hausse de 17% des revenus liés à l’activité de prêts de Sberbank, se sont révélées plus lourdes encore chez VTB. La banque, qui a annoncé avoir fait une demande d’aide financière auprès de Moscou, a dû la semaine dernière tripler ses provisions, à 65 milliards de roubles.

Demeuré «sous contrôle», avec une hausse limitée à 25%, le coût du risque des activités russes de la Société Générale (Rosbank, Delta Credit, Rusfinance) a lui aussi induit une baisse des résultats part du groupe de 32 à 16 millions d’euros.

Outre la dégradation de la qualité des emprunteurs, qui a conduit Sberbank à réduire de 75% à moins de 50% les approbations de cartes de crédit, les banques russes s’attendent dans les prochains mois à un ralentissement de leurs activités de prêts domestiques, pour l’heure encore relativement dynamiques. Alors qu’elle anticipait une croissance de ses prêts aux entreprises et aux particuliers de respectivement 20% et 15% en début d’année, Sberbank table désormais sur des rythmes de l’ordre de 10%.

Cet affaiblissement de la demande de prêts en Russie est d’autant plus dommageable, pour les banques nationales, qu’elles opèrent un recentrage vers leur marché domestique à la suite des sanctions occidentales. VTB et Sberbank, ainsi que quatre autres établissements, se sont ainsi vu interdire l’accès aux marchés de capitaux occidentaux. Ces restrictions sont en outre source de surcoût de financement. Fin octobre, la banque centrale russe avait relevé de 150 points de base son taux directeur, à 9,50%.

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