RBS s'acquitte d'une lourde amende liée à sa panne informatique de 2012

le 21/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les régulateurs britanniques ont infligé 56 millions d'euros de livres de pénalités à la banque nationalisée pour de graves défaillances informatiques.

RBS règle un montant record dans l'histoire de la régulation britannique de la banque de détail. La banque, encore détenue à 81% par le gouvernement, verse au total 56 millions de livres (70 millions d'euros) de pénalités - 42 millions à la Financial Conduct Authority (FCA) et 14 millions à la Prudential Regulation Authority (PRA) - pour la gigantesque panne informatique qu'elle a subie en 2012. La banque a obtenu un rabais de 30% en collaborant précocement avec les régulateurs.

Cela s'ajoute aux 70,3 millions de livres déjà consenties par RBS en indemnités à ses clients britanniques et aux 460.000 livres versées à des individus et sociétés ne faisant pas partie de la clientèle mais qui ont été affectés.

Une faille lors de la mise à jour du système informatique par un prestataire a touché 6,5 millions de clients en juin 2012, dont 92% étaient des particuliers. Ceux-ci ne pouvaient plus accéder à leurs comptes, retirer de l'argent au distributeur ou effectuer des paiements. En l'espace de quelques jours, RBS et ses filiales NatWest et Ulster Bank ont accumulé quelque 100 millions de paiements non traités.

«Les problèmes ont surgi en raison de l'incapacité à de nombreux niveaux au sein du groupe RBS d'identifier et de gérer les risques qui peuvent découler d'incidents informatiques. La conséquence a été une exposition des clients de RBS à ces risques», a expliqué Tracey McDermott, l'une des responsables de la FCA. La PRA, émanation de la Banque d'Angleterre chargée de promouvoir la stabilité financière, a pointé pour sa part des «systèmes inadéquats et des contrôles» qui «ont abouti à une perturbation généralisée des clients et du système financier». Il s'agit de la première amende infligée par la PRA depuis son entrée en service en avril 2013.

Dans un communiqué, le président de RBS Philip Hampton a reconnu que cet incident a révélé des «faiblesses inacceptables». Dans les mois qui ont suivi, l'établissement dit avoir conduit un travail exhaustif de recherche des responsabilités et diminué de 18% les bonus accordés à la division IT au titre de l'exercice 2012. La banque a déjà annoncé un plan d'investissement de 750 millions de livres sur trois ans afin de mettre à niveau son infrastructure informatique.

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