Les banques ont 50 milliards d'euros de prêts à céder en Europe d'ici à fin 2014

le 14/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Une étude de PwC révèle que les groupes européens ont déjà vendu 67 milliards d'euros de portefeuilles de prêts considérés comme non performants cette année.

Cette année, 117 milliards d’euros de portefeuilles de créances considérées comme non stratégiques pourraient être cédés par des banques européennes, selon une étude publiée jeudi par le cabinet PwC. C’est près du double de l’année dernière, qui représentait déjà un record avec 64 milliards d’euros. Et encore, «selon nos estimations, les banques européennes détiennent au moins de 2.400 milliards d’euros d’actifs jugés non stratégiques», affirme Hervé Demoy, associé spécialiste des transactions dans le secteur financier chez PwC.

67 milliards ont été cédés lors des neuf premiers mois de 2014 et 50 autres milliards devraient faire l’objet de transactions d’ici à fin décembre, selon l’étude. «Certaines banques et certains pays ont été très actifs sur les neuf premiers mois de 2014», indique Hervé Demoy. L’Irlande devrait ainsi totaliser 34,5 milliards d’euros de créances cédées en 2014, et le Royaume-Uni 28,5 milliards. En Italie, où les banques totalisent plus de 150 milliards d’euros de créances non performantes, les volumes cédés vont plus que doubler cette année (12 milliards).

Les tests de résistance et la revue de la qualité des actifs sont passés pas là. «Nous nous attendons à un impact important de l’AQR sur les banques italiennes, et sur certaines banques allemandes. Il y a notamment des rumeurs de cession de portefeuilles ou d’activités de Monte Paschi, et de cession des activités de crédit à la consommation de Banca Carige», précise Hervé Demoy. En Allemagne, 12 milliards d’euros d’actifs devraient être cédés ce trimestre, avec la vente de WestImmo par EAA. Commerzbank a vendu un portefeuille de prêts immobiliers commerciaux en Espagne de 4,4 milliards d’euros et détient 67 milliards d’euros d’actifs à liquider d’ici à 2016. «Le marché espagnol a été actif cette année et l’AQR a pu avoir un impact en amont, mais la tendance est désormais au ralentissement », constate Hervé Demoy.

Avec la poursuite de la restructuration du secteur bancaire, PwC prévoit le maintien d’un niveau élevé de cessions dans les prochaines années, avec des évolutions. «Nous constatons le développement de certains marchés, en Europe Centrale et de l’Est, avec des portefeuilles de valeur faciale compris entre 400 et 500 millions d’euros qui pourraient attirer des investisseurs, et au Benelux, notamment en Belgique et aux Pays-Bas, où certaines banques ont reçu des aides d’Etat comme ABN AMRO et ING», ajoute Hervé Demoy.

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