Le coût des litiges continue d'enfler

le 29/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les banques européennes dotent encore leurs provisions pour litiges au troisième trimestre

UBS
(Photo Bloomberg.)

Les provisions massives passées régulièrement par les banques jusqu’au premier semestre dernier avaient laissé supposer que l’essentiel de l’impact des litiges en cours était circonscrit – pour ceux du moins déjà identifiés. Mais les publications des comptes du troisième trimestre montrent que tel n’est pas le cas. Dernier exemple en date, UBS a annoncé hier avoir mis en réserve 1,8 milliard de francs suisses (1,49 milliard d’euros) supplémentaires au troisième trimestre pour couvrir d’éventuels frais juridiques.

L’établissement helvétique a ajouté, sans établir de lien explicite avec les nouvelles provisions, qu’il était en discussion avec la justice américaine dans l’enquête de cette dernière sur les manipulations sur le marché des changes. Dans son prospectus relatif à la modification de sa structure juridique publié fin septembre, il avait indiqué qu’il pourrait faire face à des «sanctions financières conséquentes» – mais sans donner l'identité des autorités avec lesquelles il était en discussion.

Mais UBS est également en butte à la justice française: elle a dû payer une caution d’un montant historique de 1,1 milliard d’euros dans une enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. Selon la presse suisse, la banque risquerait 5 milliards d’euros d’amende.

Le montant passé au troisième trimestre porte le total des provisions pour litiges d’UBS à 3,47 milliards de francs.

Le cas du groupe suisse n’a rien d’exceptionnel. Deutsche Bank a ainsi indiqué vendredi dernier qu’elle passerait vraisemblablement une provision supplémentaire de 894 millions d’euros dans ses comptes du troisième trimestre (publiés aujourd’hui), portant le total depuis le début de l’année à plus de 1,36 milliard d’euros. Selon Reuters, la banque allemande se prépare à payer près d’un milliard d’euros d’amendes dans les enquêtes sur la manipulation du Libor (le taux de référence de la Place financière britannique), alors que les négociations avec les autorités américaines et britanniques s’approchent de leur termes. Deutsche Bank a déjà payé 6,1 milliards d’euros en l’espace de deux ans et demi dans divers litiges.

Le secteur bancaire outre-Manche n’est pas épargné. Il est submergé par de multiples scandales qui touchent non seulement les pratiques de ses banques d’investissement (manipulation des taux de référence, du marché des matières premières, etc.), mais aussi les pratiques commerciales abusives à grande échelle de ses banques de détail à l’égard de sa clientèle (PME et particuliers). Les litiges prennent donc des dimensions inédites.

Selon la chaîne de télévision britannique SkyNews, les nouvelles provisions passées par les cinq plus grandes banques (Barclays, HSBC, Lloyds Banking Group, RBS et Santander) dans le cadre des ventes abusives de contrats d’assurance-emprunteur (les PPI) devraient largement excéder le milliard de livres sterling (1,27 milliard d’euros), faisant passer le montant total depuis le début du scandale à 22 milliards. On peut en effet confirmer sans risque cette information, puisque Lloyds affiche dans ses comptes trimestriels, publiés hier, un bénéfice avant impôt amputé de 900 millions de livres sterling en raison de provisions relatives aux PPI. De quoi définitivement doucher les espoirs de voir le rythme des dépôts de plainte ralentir, entretenus en début d’année.

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