Le Crédit Mutuel Arkéa déterre la hache de guerre

le 08/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe brestois a saisi les autorités en vue de parvenir à faire évoluer une gouvernance de la Confédération nationale dont il s’estime victime.

Le Crédit Mutuel Arkéa fait entendre sa voix au sein de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Né en 2002 de l’union des trois fédérations régionales de Bretagne, du Massif central et du Sud-Ouest, Arkéa a dénoncé «une situation persistante de conflits d’intérêts» au sein de l’organe central d’un groupe rassemblant 18 fédérations régionales (dont 11 regroupées sous la bannière du CM11-CIC).

Une situation à ce point intenable selon Arkéa qu’elle l’a amené à saisir l’Autorité de la concurrence ainsi que le Procureur de la République auprès du tribunal de grande instance de Paris. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) est «également saisie de ce dossier». Voilà donc la hache de guerre déterrée au grand jour.

Le Crédit Mutuel Arkéa précise qu’«au regard de la gouvernance actuelle, l’ensemble Crédit Mutuel dispose d’un seul organe central alors qu’il est constitué de deux groupes autonomes et concurrents». Dans ce contexte de concurrence effective, avec notamment les agences CIC, la banque en ligne (Fortuneo contre Monabanq) ou le crédit à la consommation (Financo contre Cofidis), Arkéa pâtit d’une organisation lui imposant une remontée d’informations vers l’organe central, passant par d’instructives missions d’audit. Un organe central entre les mains du CM11-CIC et donc soupçonné de partialité.

Pour autant, Arkéa «tient à réaffirmer son attachement aux valeurs du Crédit Mutuel, qui bien plus qu’une marque, correspond à une façon particulière d’exercer le métier de banquier mutualiste». Il ne s’agirait donc nullement d’abandonner le navire, mais d’en appeler aux autorités susceptibles de proposer une solution équitable.

La fronde, ce ne peut être un hasard, surgit à l’approche de la mise en œuvre effective, le 4 novembre, d’une supervision centralisée des principales banques européennes auprès de la BCE. Dix établissements français sont concernés, dont le Crédit Mutuel au niveau de la Confédération nationale. Un argument concret pour Arkéa qui, 36e banque européenne par son bilan, entre en théorie en solitaire dans le radar de la BCE et espère «que la situation puisse être rapidement traitée pour mise en conformité avec la réglementation bancaire». Cette dernière limite en effet la supervision de la BCE aux établissements de crédit, alors que la Confédération nationale du Crédit Mutuel a un statut d’association.

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