Les banques écossaises préparent un plan B

le 12/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

RBS, LBG et d'autres institutions financières s'établiront en Angleterre en cas d'indépendance

RBS transférera son siège à Londres en cas de victoire du «oui» au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Illustration L’Agefi.

La menace est brandie: Royal Bank of Scotland (RBS) et Bank of Scotland, détenue par Lloyds Banking Group (LBG), transféreront leur siège à Londres en cas de victoire du «oui» au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Le symbole est très fort, même si ces deux piliers de l’économie locale – fondés respectivement en 1727 et 1695 – ont perdu de leur superbe depuis la crise financière. RBS a été nationalisée par Westminster et Halifax Bank of Scotland a été acquise par Lloyds TSB en 2008.

Selon le dernier sondage YouGov publié hier soir, 52% des électeurs se prononceront contre l'indépendance de la région. Mais en cas de victoire du «oui», RBS, contrôlé à 81% par l'Etat, a indiqué «qu’il serait nécessaire de relocaliser la société faîtière de la banque et son entité opérationnelle principale (The Royal Bank of Scotland plc) en Angleterre». Il a rappelé les incertitudes importantes qu’il avait pointées dans son rapport intérimaire, concernant tant ses notes de crédit que l’environnement fiscal, monétaire, juridique et réglementaire dans lequel RBS serait amenée à évoluer.

LBG, détenu à 25% par le gouvernement britannique, a indiqué mercredi soir que son plan d’urgence comprenait la mise en place de «nouvelles entités juridiques en Angleterre». Si les dirigeants de LBG sont établis à Londres, son siège social est enregistré à Edimbourg. De même, sa filiale Bank of Scotland est basée dans la capitale écossaise.

L’Ecosse pèse relativement peu dans le bilan des banques britanniques (voir tableau). Toutefois, Credit Suisse souligne que «l’indépendance pourrait compliquer les processus de privatisation de RBS et LBG».

A une échelle plus modeste, National Australia Bank, qui possède Clydesdale Bank, a souligné avoir mis en place un plan de secours, justifiant sa position par «les risques et les coûts supplémentaires significatifs qu’une indépendance pourrait engendrer».

Les banques ne sont pas les seules institutions financières à avoir réagi, puisque l’Ecosse est l’un des berceaux de l’assurance au Royaume-Uni. Standard Life (fondée en 1825) a ainsi un «projet de création de nouvelles sociétés réglementées en Angleterre, auxquelles le groupe pourrait transférer une partie de son activité en cas de besoin».

RBS s’est toutefois voulue rassurante: «En cas de victoire du "oui", la décision de relocaliser ne devrait avoir aucune conséquence sur les services bancaires quotidiens utilisés par nos clients à travers les îles britanniques». Aucun changement n’interviendra jusqu’à la fin de la période de négociation de dix-huit mois minimum, y compris en termes de garantie des dépôts. La banque est également soucieuse de ne pas compromettre son avenir en Ecosse. «RBS a l’intention de maintenir une proportion importante de ses activités et de l’emploi en Ecosse, pour soutenir ses clients et les activités de l’ensemble de la banque».

L’enjeu est évidemment plus important pour l’Ecosse, notamment en termes d’emplois: les effectifs atteignent 11.500 salariés chez RBS et 16.000 chez LBG. Toutefois, le déplacement de certains sièges sociaux pourrait malgré tout avoir quelques avantages. Le poids des institutions financières locales serait démesuré dans le PIB écossais. Les actifs des banques locales représenteraient 12 fois l’économie du pays. Un risque pour la stabilité financière, alors que nul ne sait qui, de la BoE, de la BCE ou d'une banque centrale écossaise, jouerait le rôle de prêteur en dernier ressort.

RBS transférera son siège à Londres en cas de victoire du «oui» au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Illustration L’Agefi.
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RBS transférera son siège à Londres en cas de victoire du «oui» au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Illustration L’Agefi.

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