Les banques françaises vont publier des résultats très contrastés

le 28/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BNP Paribas sera en perte après sa sanction aux Etats-Unis. Natixis devrait être portée par l'IPO de Coface et la résilience de ses métiers

Le consensus prévoit pour BNP Paribas une perte de 4,45 milliards d’euros. Photo E. Blanchet.

Le consensus est parfois trompeur. Pour les résultats de BNP Paribas annoncés jeudi prochain, les analystes interrogés par Bloomberg tablent sur un bénéfice net ajusté de 1,47 milliard d’euros, mais visiblement sans prendre en compte l’amende record imposée à la banque par les Etats-Unis. Le consensus recueilli par la banque, que s’est procuré L’Agefi, prévoit en fait une perte de 4,45 milliards d’euros.

BNP Paribas a déjà annoncé une charge de 5,8 milliards d’euros pour s’acquitter de sa sanction de 8,97 milliards de dollars (6,68 milliards d’euros), liée à la violation de l’embargo américain en Iran, au Soudan et à Cuba.

Pour les autres banques françaises cotées, le consensus Bloomberg attend un bénéfice net trimestriel en baisse de 22,5% à la Société Générale, à 857 millions d’euros, stable chez Crédit Agricole SA (Casa) à 673 millions, et en forte hausse de 50,8% chez Natixis, à 302 millions. La filiale de BPCE tire profit de la mise en Bourse de Coface et devrait afficher un produit net bancaire en hausse de 15,9%, à 1,89 milliard d’euros, contre -5,6% chez BNP Paribas et à la Société Générale et -12,4% chez Casa, selon les données Bloomberg. Banque de gros sans réseau de détail, «Natixis bénéficie du dynamisme de sa gestion d’actifs, notamment aux Etats-Unis, et sa BFI est moins corrélée que le reste de l’industrie aux mouvements de marché», estime un analyste.

Ceux de JPMorgan anticipent une baisse de 7% des revenus des BFI françaises, d’un trimestre sur l’autre. «Le biais corporate des banques françaises devrait permettre une relative résilience du FICC (produits de taux, changes et matières premières, ndlr)», jugent leurs confrères de Citi qui ajoutent que la spécialisation de BNP Paribas et de la Société Générale dans les «produits structurés» devrait les protéger en partie de la faiblesse des volumes et de la volatilité des dérivés actions.

Les marges de la banque de détail en France restent aussi sous pression au deuxième trimestre, mais les nouvelles opérations de refinancement de la BCE (T-LTRO) et la baisse du taux du Livret A le 1er août devraient «faire croître les profits du secteur de 3 à 7% au second semestre», anticipe Nick Davey chez UBS.

«La demande de prêts reste en berne en France», prévient toutefois un autre professionnel. Enfin de nouvelles provisions à fin juin ne sont pas exclues dans le cadre de la revue des actifs menée (AQR) par la BCE, par exemple en Europe de l’Est pour la Société Générale.

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