Espirito Santo prend part au bal de consolidation des banques privées suisses

le 24/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Banque Privée Espirito Santo cède à la Compagnie Bancaire Helvétique la majeure partie de ses actifs locaux, issus de clients ibériques et latino-américains

Affaibli, le groupe portugais Espirito Santo prend part sous la contrainte au mouvement de consolidation animant le secteur de la banque privée en Suisse. Dans un communiqué commun, Banque Privée Espirito Santo (BPES) et la Compagnie Bancaire Helvétique (CBH) ont dévoilé le rachat par cette dernière de «la majeure partie du portefeuille clientèle» de BPES. Alors que celle-ci avait sous gestion à fin décembre 5,6 milliards de francs suisses d’actifs (4,6 milliards d’euros), l’accord couvre les clients de BPES provenant de la péninsule ibérique et d’Amérique latine.

Le président de BPES, José Manuel Espirito Santo, a même indiqué qu’après avoir «continu(é) d’accompagner les clients non transférés », la banque «réduira progressivement ses activités tout en développant son partenariat» avec CBH.

BPES subit par ricochet les turbulences affectant son groupe, de Banco Espirito Santo aux différentes holdings de contrôle, dont deux ont demandé au Luxembourg le régime de protection des créanciers. Un porte-parole de la Finma a d’ailleurs indiqué que le régulateur financier suisse était en contact étroit avec BPES depuis plusieurs semaines.

Mais l’accord entre BPES et CBH intervient dans un climat de défiance de nombreux groupes pour la banque privée offshore en Suisse, du fait de l’alourdissement des contraintes réglementaires, lutte contre l’évasion fiscale en tête. Cette semaine encore, Julius Baer a annoncé le rachat des actifs helvétiques (et luxembourgeois) de l’israélienne Leumi, son directeur général Boris Collardi estimant que le mouvement de consolidation ne manquerait pas de se poursuivre. Julius Baer en est d’ailleurs l’un des animateurs en vue. Et alors que Standard Chartered cherche à céder sa banque privée suisse, Morgan Stanley et HSBC ont récemment franchi le pas, au bénéfice de J.Safra Sarasin et de LGT.

C’est dans ce contexte que l’Etat français devait, selon Les Echos, signifier hier à UBS France et à sa maison mère son refus définitif de toute indemnité transactionnelle dans le cadre des poursuites pour démarchage illicite de clients hexagonaux visant l’ouverture de comptes non déclarés en Suisse. UBS n’échapperait ainsi pas au procès pénal. La banque a en outre été mise une deuxième fois en examen hier, cette fois pour blanchiment aggravé de fraude fiscale.

Un porte-parole de CBH a assuré hier que la banque avait pris des précautions concernant la conformité fiscale des actifs transférés depuis BPES.

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