Le vent de consolidation gagne le secteur suisse de l’assurance

le 08/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Helvetia lance une offre sur Nationale Suisse. Une opération amicale et même sollicitée valorisant la cible à 1,5 milliard d’euros

Helvetia entend renforcer son statut de numéro trois de l’assurance en Suisse, grâce à l’acquisition de Nationale Suisse. Les parties ont dévoilé hier les modalités d’une offre amicale mixte qui pourrait être ouverte à compter du 25 août et valoriser la cible à 1,8 milliard de francs, l’équivalent de 1,5 milliard d’euros. Cela à raison de 80 francs par action, dont 52 francs en numéraire complétés de 0,068 action nouvelle, ce qui représente une prime de 26% par rapport au cours de clôture de Nationale Suisse vendredi.

Le conseil d’administration de ce dernier a approuvé la transaction à l’unanimité. Il est vrai que la cible a elle-même initié la manœuvre en coulisses du fait d’une structure d’actionnariat qui n’«était pas durable». De fait, 4 actionnaires «puissants mais concurrents» se partagent la majorité du capital, dont Helvetia à hauteur de 18,7%, accompagné de 2 autres acteurs suisses, à savoir la Mobilière (19,2%) et Bâloise Assurances (10,0%), et de l’allemand Nürnberger (6,5%). Le solde du capital (46%) est flottant.

Après avoir clamé que cette structure d’actionnariat constituait une chance pour le groupe, particulièrement pour le développement de partenariats, Nationale Suisse a reconnu hier avoir mené des «pourparlers structurés avec certaines parties sélectionnées», la situation générant «des difficultés dans les affaires courantes, des conflits d’intérêts et des spéculations permanentes de reprise». L’identité des parties sollicitées reste confidentielle, à l’exception naturellement d’Helvetia, qui a présenté une offre «attrayante à tous points de vue». Hier, les deux autres actionnaires suisses de référence n’ont pas souhaité se prononcer sur l’offre de leur concurrent. S’ils ont déjà été consultés sans pouvoir présenter d’offre supérieure à celle d’Helvetia, leur soutien semble pourtant logique. Ils ont traditionnellement présenté leur engagement auprès de Nationale Suisse comme un investissement purement financier.

Helvetia promet des économies annuelles de coûts de 100 à 120 millions de francs et un montant annuel de primes perçues par le nouvel ensemble voisin de 9 milliards pour un résultat net de 500 millions. Les analystes ont salué la pertinence d’une opération jugée stratégique, quand bien même ils estiment qu’Helvetia a dû consentir le prix fort pour en assurer le succès.

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